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Objet d’étude LA POÉSIE Le sujet comprend : Texte A : P. Eluard, « Je t’aime », Le Phénix, 1951 Texte B : René-Guy Cadou, « Toi », Hélène ou le règne végétal, 1953 Texte C : L. Aragon, extrait de « Prose du bonheur et d’Elsa », Le Roman
Objet d’étude LA POÉSIE Le sujet comprend : Texte A : P. Eluard, « Je t’aime », Le Phénix, 1951 Texte B : René-Guy Cadou, « Toi », Hélène ou le règne végétal, 1953 Texte C : L. Aragon, extrait de « Prose du bonheur et d’Elsa », Le Roman inachevé, 1956 2/6 11FRTEPO3 Texte A : P. Eluard, « Je t’aime », Le Phénix, 1951 Je t'aime Je t'aime pour toutes les femmes que je n'ai pas connues Je t'aime pour tous les temps où je n'ai pas vécu Pour l'odeur du grand large et l'odeur du pain chaud Pour la neige qui fond pour les premières fleurs 5 Pour les animaux purs que l'homme n'effraie pas Je t'aime pour aimer Je t'aime pour toutes les femmes que je n'aime pas Qui me reflète sinon toi moi-même je me vois si peu Sans toi je ne vois rien qu'une étendue déserte 10 Entre autrefois et aujourd'hui Il y a eu toutes ces morts que j'ai franchies sur de la paille Je n'ai pas pu percer le mur de mon miroir Il m'a fallu apprendre mot par mot la vie Comme on oublie 15 Je t'aime pour ta sagesse qui n'est pas la mienne Pour la santé Je t'aime contre tout ce qui n'est qu'illusion Pour ce cœur immortel que je ne détiens pas Tu crois être le doute et tu n'es que raison 20 Tu es le grand soleil qui me monte à la tête Quand je suis sûr de moi. 3/6 11FRTEPO3 Texte B : René-Guy Cadou, « Toi », Hélène ou le règne végétal, 1953 Tu es une grande plaine parcourue de chevaux Un port de mer tout entouré de myosotis Et la rivière où le nageur descend A la poursuite de son image 5 Tu es l’algue marine et la plante sauvage Comme l’arnica Tu es pleine de poissons dans ta chevelure Tu es une belle figure Plus belle que toi-même 10 Tu es celle que j’aime Davantage que le pain Et davantage que mes mains étendues Sur chaque versant des collines Tu es la petite voisine 15 Du trèfle et la compagne du lézard Tu t’ensoleilles sur les pierres Et tu es toujours sur ma joue Si je pense à ta voix je pense au monastère A neuf heures du soir quand les voix se répondent Si je pense à ta bouche il me vient