Aperçu du sujet
Objet d’étude Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours. Le sujet comprend : Texte A : Victor Hugo, Les Misérables, Vème partie, livre IX, chapitre 5, 1862 Texte B : Emile Zola, L’Assommoir, chapitre 13, 1877 Texte C : Jean Echenoz, Je m’en vais, 1999 2/6 12FRTEEAPO3
Objet d’étude Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours. Le sujet comprend : Texte A : Victor Hugo, Les Misérables, Vème partie, livre IX, chapitre 5, 1862 Texte B : Emile Zola, L’Assommoir, chapitre 13, 1877 Texte C : Jean Echenoz, Je m’en vais, 1999 2/6 12FRTEEAPO3 Texte A : Victor Hugo, Les Misérables, Vème partie, livre IX, chapitre 5, 1862 Dans les dernières pages des Misérables, le personnage principal, Jean Valjean, au moment de mourir, dit adieu à Cosette, sa fille adoptive. Comme le temps passe ! Nous avons été bien heureux. C’est fini. Mes enfants1, ne pleurez pas, je ne vais pas très loin. Je vous verrai de là. Vous n’aurez qu’à regarder quand il fera nuit, vous me verrez sourire. Cosette, te rappelles-tu Montfermeil ? Tu étais dans le bois, tu avais bien peur ; te rappelles-tu quand j’ai pris 5 l’anse du seau d’eau ? C’est la première fois que j’ai touché ta pauvre petite main. Elle était si froide ! Ah ! vous aviez les mains rouges dans ce temps-là, mademoiselle, vous les avez bien blanches maintenant. Et la grande poupée ! te rappelles-tu ? Tu la nommais Catherine. Tu regrettais de ne pas l’avoir emmenée au couvent ! Comme tu m’as fait rire des fois, mon doux ange ! Quand il avait plu, tu 10 embarquais sur les ruisseaux des brins de paille, et tu les regardais aller. Un jour, je t’ai donné une raquette en osier, et un volant avec des plumes jaunes, bleues, vertes. Tu l’as oublié, toi. Tu étais si espiègle toute petite ! Tu jouais. Tu te mettais des cerises aux oreilles. Ce sont là des choses du passé. Les forêts où l’on a passé avec son enfant, les arbres où l’on s’est promené, les couvents où l’on s’est caché, 15 les jeux, les bons rires de l’enfance, c’est de l’ombre. Je m’étais imaginé que tout cela m’appartenait. Voilà où était ma bêtise. Ces Thénardier3 ont été méchants. Il faut leur pardonner. Cosette, voici le moment venu de te dire le nom de ta mère. Elle s’appelait Fantine. Retiens ce nom-là : Fantine. Mets-toi à genoux toutes les fois que tu le prononceras. Elle a bien souffert. Elle t’a bien aimée. Elle a eu en malheur tout 20 ce que tu as en bonheur. Ce sont les partages de Dieu. Il est là-haut, il nous voit tous,