Aperçu du sujet
(cid:1) Objet d’étude : le personnage de roman du XVIIe siècle à nos jours Le sujet comprend : Texte A : Madame de Genlis, Mademoiselle de Clermont, 1802 Texte B : Jules Sandeau et Arsène Houssaye, Milla, chapitre 2, 1843 Texte C : Louis Aragon, Aurélien, chapitre 1, 1944 (cid:1)
(cid:1) Objet d’étude : le personnage de roman du XVIIe siècle à nos jours Le sujet comprend : Texte A : Madame de Genlis, Mademoiselle de Clermont, 1802 Texte B : Jules Sandeau et Arsène Houssaye, Milla, chapitre 2, 1843 Texte C : Louis Aragon, Aurélien, chapitre 1, 1944 (cid:1) 2/6(cid:1) 14FRTEPO3(cid:1) (cid:1) Texte A : Madame de Genlis, Mademoiselle de Clermont, 1802 À la cour, Mademoiselle de Clermont est tombée amoureuse du duc de Melun mais sa première tentative pour lui avouer son amour a échoué. Elle entreprend alors une seconde tentative. Mlle de Clermont, vivement piquée1, eut ce jour-là, pendant la lecture, plus d’une distraction ; souvent ses yeux se tournèrent vers le duc de Melun, plus d’une fois ses regards rencontrèrent les siens ; en sortant du cabinet elle résolut de lui parler. Le soir, à la promenade, elle feignit d’être fatiguée, et pria le duc de Melun de lui (cid:2)(cid:1) donner le bras ; cette distinction parut le surprendre, et Mlle de Clermont, s’éloignant de quelques pas du reste de la compagnie : « J’ai une question à vous faire, dit-elle avec un sourire plein de charmes, et je me flatte que vous y répondrez avec votre sincérité accoutumée. Vous ne manquez pas une de nos lectures : cependant j’ai cru m’apercevoir qu’elles vous causaient du dégoût et de l’ennui ; sans doute que le choix (cid:3)(cid:4)(cid:1) vous en déplaît, et que vous le trouvez trop frivole : je voudrais savoir là-dessus votre manière de penser ; l’opinion de l’ami de mon frère ne peut m’être indifférente. » À ces mots, le duc, étonné, resta un instant interdit, et, se remettant de son trouble : « Je vois sans peine, reprit-il, des gens d’un esprit médiocre et d’une condition ordinaire faire du temps précieux de la jeunesse un usage inutile et vain ; mais cet abus m’afflige vivement (cid:3)(cid:2)(cid:1) dans les personnes que leur rang et leur supériorité élèvent au-dessus des autres. Mademoiselle m’ordonne de lui ouvrir mon cœur, et elle vient d’y lire. » Le duc prononça ces dernières paroles avec émotion. Mlle de Clermont rougit, baissa les yeux, garda le silence quelques moments, ensuite elle appela une des dames qui la suivaient, ce qui termina cette conversation. (cid:5)(cid:4)(cid:1) Le lendemain, à l’heure de la lecture, on présenta à Mlle de Clermont un roman commencé la veille ; elle le prit, et, le posant sur