Aperçu du sujet
Objet d’étude : Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours. Le sujet comprend : Texte A : STENDHAL, Le Rouge et le Noir, chapitre 4, 1830 Texte B : Gustave FLAUBERT, Madame Bovary, 1857 Texte C : Jules VALLES, L’Enfant, 1878 2/6 15FRTEPO1 Texte A : STENDHAL,
Objet d’étude : Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours. Le sujet comprend : Texte A : STENDHAL, Le Rouge et le Noir, chapitre 4, 1830 Texte B : Gustave FLAUBERT, Madame Bovary, 1857 Texte C : Jules VALLES, L’Enfant, 1878 2/6 15FRTEPO1 Texte A : STENDHAL, Le Rouge et le Noir, chapitre 4, 1830 Julien Sorel est un fils de paysan qui rêve de gloire et de grandeur. Il se trouve ici dans la scierie familiale. En approchant de son usine, le père Sorel appela Julien de sa voix de stentor1 ; personne ne répondit. Il ne vit que ses fils aînés, espèces de géants qui, armés de lourdes haches, équarrissaient les troncs de sapin, qu'ils allaient porter à la scie. Tout occupés à suivre exactement la marque noire tracée sur la pièce de bois, chaque coup de leur hache en 5 séparait des copeaux énormes. Ils n'entendirent pas la voix de leur père. Celui-ci se dirigea vers le hangar ; en y entrant, il chercha vainement Julien à la place qu'il aurait dû occuper, à côté de la scie. Il l'aperçut à cinq ou six pieds plus haut, à cheval sur l'une des pièces de la toiture. Au lieu de surveiller attentivement l'action de tout le mécanisme, Julien lisait. Rien n'était plus antipathique au vieux Sorel ; il eût peut-être pardonné à 10 Julien sa taille mince, peu propre aux travaux de force, et si différente de celle de ses aînés ; mais cette manie de lecture lui était odieuse : il ne savait pas lire lui-même. Ce fut en vain qu'il appela Julien deux ou trois fois. L'attention que le jeune homme donnait à son livre, bien plus que le bruit de la scie, l'empêcha d'entendre la terrible voix de son père. Enfin, malgré son âge, celui-ci sauta lestement sur l'arbre soumis à l'action 15 de la scie, et de là sur la poutre transversale qui soutenait le toit. Un coup violent fit voler dans le ruisseau le livre que tenait Julien ; un second coup aussi violent, donné sur la tête, en forme de calotte, lui fit perdre l'équilibre. Il allait tomber à douze ou quinze pieds plus bas, au milieu des leviers de la machine en action, qui l'eussent brisé, mais son père le retint de la main gauche comme il tombait : 20 Eh bien, paresseux ! tu liras donc toujours