Aperçu du sujet
Objet d’étude : Écriture poétique et quête du sens du Moyen-Age à nos jours Le sujet comprend : Texte A : Théophile GAUTIER, La comédie de la mort, « Absence », 1838 Texte B : Paul VERLAINE, La Bonne Chanson, X, 1870 Texte C : Guillaume APOLLINAIRE, Lettres à Lou
Objet d’étude : Écriture poétique et quête du sens du Moyen-Age à nos jours Le sujet comprend : Texte A : Théophile GAUTIER, La comédie de la mort, « Absence », 1838 Texte B : Paul VERLAINE, La Bonne Chanson, X, 1870 Texte C : Guillaume APOLLINAIRE, Lettres à Lou (1955), Lettre du 25 mars 1915, « Faction » Texte D : Paul ELUARD, Le temps déborde, « Notre vie », 1947 2/7 16FRTEPO1 Texte A : Théophile GAUTIER, La comédie de la mort, « Absence », 1838 Absence Reviens, reviens, ma bien-aimée ! Comme une fleur loin du soleil, La fleur de ma vie est fermée Loin de ton sourire vermeil. 5 Entre nos cœurs tant de distance ! Tant d'espace entre nos baisers ! Ô sort amer ! Ô dure absence ! Ô grands désirs inapaisés ! D'ici là-bas, que de campagnes, 10 Que de villes et de hameaux, Que de vallons et de montagnes, À lasser le pied des chevaux ! Au pays qui me prend ma belle, Hélas ! Si je pouvais aller ; 15 Et si mon corps avait une aile Comme mon âme pour voler ! Par-dessus les vertes collines, Les montagnes au front d'azur, Les champs rayés et les ravines, 20 J'irais d'un vol rapide et sûr. Le corps ne suit pas la pensée ; Pour moi, mon âme, va tout droit, Comme une colombe blessée, S'abattre au rebord de son toit. 25 Descends dans sa gorge divine, Blonde et fauve comme de l'or, Douce comme un duvet d'hermine, Sa gorge, mon royal trésor ; Et dis, mon âme, à cette belle : 30 « Tu sais bien qu'il compte les jours, Ô ma colombe ! À tire d'aile Retourne au nid de nos amours. » 3/7 16FRTEPO1 Texte B : Paul VERLAINE, La Bonne Chanson, X, 1870 Les poèmes du recueil La Bonne chanson évoquent la liaison de Verlaine avec Mathilde Mauté de Fleurville, qu’il épousera. Il s’agit ici du poème X du recueil. X Quinze longs jours encore et plus de six semaines Déjà ! Certes, parmi les angoisses humaines La plus dolente1 angoisse est celle d’être loin. On s’écrit, on se dit comme on s’aime ; on a soin 5 D’évoquer chaque jour la voix, les yeux, le geste De l’être en qui l’on mit son bonheur, et l’on reste Des heures à causer tout seul avec l’absent. Mais tout