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Objet d'étude : Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours. Le sujet comprend : Texte A : Victor Hugo, « La Sieste », L'Art d'être grand-père, 1871. Texte B : Charles Cros, « À ma femme endormie », Le Collier de griffes, (posthume) 1908. Texte
Objet d'étude : Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours. Le sujet comprend : Texte A : Victor Hugo, « La Sieste », L'Art d'être grand-père, 1871. Texte B : Charles Cros, « À ma femme endormie », Le Collier de griffes, (posthume) 1908. Texte C : Claude Roy, « Dormante », Clair comme le jour, 1943. 18FRTEMLR1 2/6 Texte A : Victor Hugo, « La Sieste », L'Art d'être grand-père, 1871. Elle fait au milieu du jour son petit somme ; Car l’enfant a besoin du rêve plus que l’homme, Cette terre est si laide alors qu’on vient du ciel ! L’enfant cherche à revoir Chérubin, Ariel, 5 Ses camarades, Puck, Titania1, les fées, Et ses mains quand il dort sont par Dieu réchauffées. Oh ! comme nous serions surpris si nous voyions, Au fond de ce sommeil sacré, plein de rayons, Ces paradis ouverts dans l’ombre, et ces passages 10 D’étoiles qui font signe aux enfants d’être sages, Ces apparitions, ces éblouissements ! Donc, à l’heure où les feux du soleil sont calmants, Quand toute la nature écoute et se recueille, Vers midi, quand les nids se taisent, quand la feuille 15 La plus tremblante oublie un instant de frémir, Jeanne2 a cette habitude aimable de dormir ; Et la mère un moment respire et se repose, Car on se lasse, même à servir une rose. Ses beaux petits pieds nus dont le pas est peu sûr 20 Dorment ; et son berceau, qu’entoure un vague azur Ainsi qu’une auréole entoure une immortelle, Semble un nuage fait avec de la dentelle ; On croit, en la voyant dans ce frais berceau-là, Voir une lueur rose au fond d’un falbala3 ; 25 On la contemple, on rit, on sent fuir la tristesse, Et c’est un astre, ayant de plus la petitesse ; L’ombre, amoureuse d’elle, a l’air de l’adorer ; Le vent retient son souffle et n’ose respirer. Soudain, dans l’humble et chaste alcôve4 maternelle, 30 Versant tout le matin qu’elle a dans sa prunelle5, Elle ouvre la paupière, étend un bras charmant, Agite un pied, puis l’autre, et, si divinement Que des fronts dans l’azur se penchent pour l’entendre. Elle gazouille… — Alors, de sa voix la plus tendre, 35 Couvant des yeux l’enfant que Dieu fait rayonner, Cherchant le plus doux nom qu’elle puisse donner À sa joie, à son ange en