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Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire de texte (20 points) Objet d’étude : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle Honoré de Balzac, Le Chef-d’œuvre inconnu, 1831. Nicolas Poussin, un jeune peintre au début de sa carrière, rend visite à
Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire de texte (20 points) Objet d’étude : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle Honoré de Balzac, Le Chef-d’œuvre inconnu, 1831. Nicolas Poussin, un jeune peintre au début de sa carrière, rend visite à un peintre de très grande réputation, François Porbus. Une fois arrivé au seuil du domicile du maître, le jeune homme, intimidé, hésite à frapper à la porte. À ce moment, un étrange vieillard arrive. Accablé de misère et surpris en ce moment de son outrecuidance1, le pauvre néophyte2 ne serait pas entré chez le peintre auquel nous devons l’admirable portrait de Henri IV, sans un secours extraordinaire que lui envoya le hasard. Un vieillard vint à monter l’escalier. À la bizarrerie de son costume, à la magnificence de son rabat de dentelle, à la 5 prépondérante sécurité de sa démarche, le jeune homme devina dans ce personnage ou le protecteur ou l’ami du peintre. Il se recula sur le palier pour lui faire place, et l’examina curieusement, espérant trouver en lui la bonne nature d’un artiste, ou le caractère serviable des gens qui aiment les arts ; mais il y avait quelque chose de diabolique dans cette figure, et surtout ce je ne sais quoi qui affriande3 les artistes. Imaginez un front chauve, bombé, 10 proéminent, retombant en saillie sur un petit nez écrasé, retroussé du bout comme celui de Rabelais ou de Socrate ; une bouche rieuse et ridée, un menton court, fièrement relevé, garni d’une barbe grise taillée en pointe ; des yeux vert de mer, ternis en apparence par l’âge, mais qui, par le contraste du blanc nacré dans lequel flottait la prunelle, devaient parfois jeter des regards magnétiques au fort de la colère ou de l’enthousiasme. Le visage 15 était d’ailleurs singulièrement flétri par les fatigues de l’âge, et plus encore par ces pensées qui creusent également l’âme et le corps. Les yeux n’avaient plus de cils, et à peine voyait- on quelques traces de sourcils au-dessus de leurs arcades saillantes. Mettez cette tête sur un corps fluet et débile4, entourez-la d’une dentelle étincelante de blancheur et travaillée comme une truelle à poisson, jetez sur le pourpoint noir du vieillard une lourde chaîne d’or, 20 et vous aurez une image imparfaite de ce personnage auquel le jour faible de l’escalier prêtait encore une couleur fantastique. Vous