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Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire de texte (20 points) Objet d’étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle Texte : Laurent Mauvignier, Dans la foule, I, 4, 2006. Le 29 mai 1985, la finale de la coupe d’Europe
Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire de texte (20 points) Objet d’étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle Texte : Laurent Mauvignier, Dans la foule, I, 4, 2006. Le 29 mai 1985, la finale de la coupe d’Europe des champions au stade du Heysel à Bruxelles est endeuillée par la mort de trente-neuf personnes, à la suite d’un mouvement de foule. Dans son roman, Laurent Mauvignier retrace cet évènement historique et ses conséquences, par l’intermédiaire de plusieurs personnages. Dans cet extrait, qui se situe bien avant le drame, Gabriel guette à l’entrée du stade de football deux supporters qui lui ont volé ses billets la veille. […] Il faut que je les trouve. Bientôt il sera trop tard, il y a trop de monde, on me bouscule, tout le monde piétine. Maintenant tout le monde aimerait avoir pris sa place dans le stade. Désormais, ce n’est plus la colère qui m’écrase, mais l’étonnement et la stupéfaction : une canette a éclaté à mes pieds, de la bière a éclaboussé mes 5 chaussures et mes bas de pantalon. Je ne bouge pas et je reste là, j’attends, je relève la tête et j’entends les voix qui viennent du dessus des gradins, d’où l’on voit des visages, des jeunes qui courent sur les hauts des gradins – ils sont là depuis combien de temps ? Là-haut, tournés vers l’extérieur, vers nous, à regarder tous ceux qui attendent encore d’entrer ? Et eux, de là-haut, ça les chauffe, ils s’excitent et piétinent, 10 ils font des gestes obscènes contre nous. Ils gueulent et jettent des canettes à moitié vides qui explosent au sol. Les gens en bas, à côté de moi, n’ont pas peur et montrent les poings en gueulant. J’en ai vu qui se mettent à leur tour à lancer des cailloux et des bouteilles vides qui éclatent contre le mur d’enceinte. Et les cris, les mouvements par à-coups du flot qui avance et pénètre dans 15 l’enceinte. Je n’y peux rien, je suis entraîné vers l’entrée, vers le sas où les policiers et les agents du stade vérifient les billets. Mais je n’ai pas de billet. Je n’ai rien que mon corps qu’on charrie1 et mes pieds qui refusent et freinent, dans la poussière, sous la chaleur. Il ne faut pas, je me cabre, résiste, retiens. Les muscles se