Aperçu du sujet
Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire de texte (20 points) Objet d’étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle. Texte : Émile Zola, La Fortune des Rougon, chapitre V, 1871. Silvère et Miette sont deux adolescents habitant deux maisons
Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire de texte (20 points) Objet d’étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle. Texte : Émile Zola, La Fortune des Rougon, chapitre V, 1871. Silvère et Miette sont deux adolescents habitant deux maisons voisines dans une ville de Provence. Les jardins de ces maisons donnent accès à un puits partagé, mais sont séparés par un mur qui empêche les adolescents de se voir. Ils se sont rencontrés peu de temps avant ce passage. Un matin, de fort bonne heure, Silvère, en venant tirer la provision d’eau de tante Dide1, se pencha machinalement, au moment où il saisissait la corde. Il eut un tressaillement, il resta courbé, immobile. Au fond du puits, il avait cru distinguer une tête de jeune fille qui le regardait en souriant ; mais il avait ébranlé la corde, l’eau 5 agitée n’était plus qu’un miroir trouble sur lequel rien ne se reflétait nettement. Il attendit que l’eau se fût rendormie, n’osant bouger, le cœur battant à grands coups. Et à mesure que les rides de l’eau s’élargissaient et se mouraient, il vit l’apparition se reformer. Elle oscilla2 longtemps dans un balancement qui donnait à ses traits une grâce vague de fantôme. Elle se fixa, enfin. C’était le visage souriant de Miette, avec 10 son buste, son fichu de couleur, son corset blanc, ses bretelles bleues. Silvère s’aperçut à son tour dans l’autre glace. Alors, sachant tous deux qu’ils se voyaient, ils firent des signes de tête. Dans le premier moment, ils ne songèrent même pas à parler. Puis ils se saluèrent. « Bonjour, Silvère. 15 – Bonjour, Miette. » Le son étrange de leurs voix les étonna. Elles avaient pris une sourde et singulière douceur dans ce trou humide. Il leur semblait qu’elles venaient de très loin, avec ce chant léger des voix entendues le soir dans la campagne. Ils comprirent qu’il leur suffirait de parler bas pour s’entendre. Le puits résonnait au moindre souffle. Accoudés 20 aux margelles3, penchés et se regardant, ils causèrent. Miette dit combien elle avait eu du chagrin depuis huit jours. Elle travaillait à l’autre bout du Jas4 et ne pouvait s’échapper que le matin de bonne heure. En disant cela, elle faisait une moue de dépit que Silvère distinguait parfaitement, et à laquelle il répondait par un balancement de tête irrité. Ils se