Aperçu du sujet
Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire de texte (20 points) Romain Gary, La Promesse de l’aube, 1960. Dans ce chapitre du roman autobiographique La Promesse de l’aube, le narrateur vit modestement avec sa mère à Nice. Celle-ci, croisant le roi de Suède qui y
Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire de texte (20 points) Romain Gary, La Promesse de l’aube, 1960. Dans ce chapitre du roman autobiographique La Promesse de l’aube, le narrateur vit modestement avec sa mère à Nice. Celle-ci, croisant le roi de Suède qui y est en vacances, se précipite vers lui pour vanter les talents de son fils au tennis – un sport qu’elle rêve de lui voir pratiquer. Le souverain demande alors à son propre entraîneur d’échanger quelques balles avec le jeune homme. – Faites quelques balles avec lui, dit-il de sa voix caverneuse. Voyons un peu ce qu'il sait faire. Le visage de ma mère s'éclaira. L'idée que je n'avais tenu que trois ou quatre fois la raquette de tennis à la main ne la préoccupait nullement. Elle avait confiance en 5 moi. Elle savait qui j'étais. Les petits détails quotidiens, les petites difficultés pratiques n'entraient pas en ligne de compte. J'hésitai une seconde et puis, sous ce regard de confiance totale et d'amour, j'avalai ma honte et ma peur et, baissant la tête, j'allai à mon exécution. Ce fut vite fait – mais il me semble parfois que j'y suis encore. Je fis, bien entendu, 10 de mon mieux. Je sautais, plongeais, bondissais, pirouettais, courais, tombais, rebondissais, volais, me livrant à une sorte de danse de pantin désarticulé, mais c'est tout juste si je parvenais parfois à effleurer une balle, et encore, uniquement avec le cadre de bois – tout cela sous l'œil imperturbable du roi de Suède, qui m'observait froidement, sous le fameux canotier1. On se demandera sans doute pourquoi j'avais 15 accepté de me laisser conduire ainsi à l'abattoir, pourquoi je m'étais aventuré sur le terrain. Mais je n'avais pas oublié ma leçon de Varsovie2, ni la gifle que j'avais reçue, ni la voix de ma mère me disant : « La prochaine fois, je veux qu'on te ramène à la maison sur des brancards, tu m'entends ? » Il ne pouvait être question pour moi de me dérober. _____________ 1 Canotier : chapeau d’été. Dans le roman, le roi de Suède est reconnaissable à ce chapeau. 2 La leçon de Varsovie renvoie à un épisode précédent durant lequel le narrateur a laissé sa mère se faire insulter sans réagir. Elle ne lui a pas pardonné de n’avoir pas défendu son honneur. 21-FRANTEME1 Page 2 sur 13 20 Je