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Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire de texte (20 points) Objet d’étude : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle Gustave Flaubert, Salammbô, extrait du chapitre 1, « Le Festin », 1862. Le roman se déroule à Carthage, ville ennemie
Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire de texte (20 points) Objet d’étude : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle Gustave Flaubert, Salammbô, extrait du chapitre 1, « Le Festin », 1862. Le roman se déroule à Carthage, ville ennemie de Rome, dans l'Antiquité. Des mercenaires festoient dans les jardins de leur général, Hamilcar. Apparaît alors Salammbô, la fille de celui-ci. Le palais s’éclaira d’un seul coup à sa plus haute terrasse, la porte du milieu s’ouvrit, et une femme, la fille d’Hamilcar elle-même, couverte de vêtements noirs, apparut sur le seuil. Elle descendit le premier escalier qui longeait obliquement le premier étage, puis le second, le troisième, et elle s’arrêta sur la dernière terrasse, au haut de l’escalier des 5 galères1. Immobile et la tête basse, elle regardait les soldats. Derrière elle, de chaque côté, se tenaient deux longues théories2 d’hommes pâles, vêtus de robes blanches à franges rouges qui tombaient droit sur leurs pieds. Ils n’avaient pas de barbe, pas de cheveux, pas de sourcils. Dans leurs mains étincelantes d’anneaux ils portaient d’énormes lyres3 et chantaient tous, d’une voix aiguë, un hymne à la divinité de 10 Carthage. C’étaient les prêtres eunuques du temple de Tanit, que Salammbô appelait souvent dans sa maison. Enfin elle descendit l’escalier des galères. Les prêtres la suivirent. Elle s’avança dans l’avenue des cyprès, et elle marchait lentement entre les tables des capitaines, qui se reculaient un peu en la regardant passer. 15 Sa chevelure, poudrée d’un sable violet, et réunie en forme de tour selon la mode des vierges chananéennes4, la faisait paraître plus grande. Des tresses de perles attachées à ses tempes descendaient jusqu’aux coins de sa bouche, rose comme une grenade entr’ouverte. Il y avait sur sa poitrine un assemblage de pierres lumineuses, imitant par leur bigarrure les écailles d’une murène. Ses bras, garnis de diamants, sortaient nus de sa 20 tunique sans manches, étoilée de fleurs rouges sur un fond tout noir. Elle portait entre les chevilles une chaînette d’or pour régler sa marche, et son grand manteau de pourpre5 sombre, taillé dans une étoffe inconnue, traînait derrière elle, faisant à chacun de ses pas comme une large vague qui la suivait. Les prêtres, de temps à autre, pinçaient sur leurs lyres des accords presque étouffés, 25 et dans les intervalles de la musique, on entendait le petit bruit