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Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire de texte (20 points) Objet d’étude : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle Jean Rouaud, Les Champs d’honneur, PARTIE I, chapitre 7, 1990. Chaque été, les grands-parents paternels du narrateur partent se reposer
Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire de texte (20 points) Objet d’étude : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle Jean Rouaud, Les Champs d’honneur, PARTIE I, chapitre 7, 1990. Chaque été, les grands-parents paternels du narrateur partent se reposer dans le midi chez leur fille Lucie et leur beau-fils John. Le grand-père, Alphonse Burgaud, est un être solitaire, peu bavard et distant qui passe la plus grande partie du séjour dans un fauteuil de rotin, à l’ombre d’un acacia, après sa promenade matinale. Un matin, le fauteuil reste vide. Tous les ouvriers du domaine, d'anciens harkis1 pour la plupart, étaient mobilisés, chacun mettant d'autant plus de cœur à l'ouvrage que monsieur Burgaud avait eu un mot aimable pour lui. Grand-mère recommandait de fouiller les buissons, sonder les citernes, emprunter les chemins abandonnés, de bien ouvrir l'œil, et, si l'on découvrait Alphonse 5 victime d'un serpent, surtout ne pas le forcer à marcher, ce qui par une accélération de la circulation sanguine lui serait fatal. Il fallait appeler, on arriverait avec le sérum, que chacun emporte un sifflet, une trompe, un tambour, qu'il lance le chant du muezzin2 ou le cri des bûcherons, ainsi gagnerait-on de précieuses secondes. Elle avait découpé le terrain en quatre zones, réparti les hommes en quatre groupes. Elle dirigeait les opérations, 10 demandant de temps en temps son avis à John qui se contentait d'approuver. Ils progresseraient déployés selon la technique de la battue. Les quelques chasseurs de sangliers, d'authentiques Hurons des Maures3 qui se vantaient de connaître le moindre pouce de terrain, fanfaronnaient devant grand-mère : « Ne vous inquiétez pas, madame Burgaud, on vous le ramènera, votre mari. » 15 Ils ne ramenèrent rien du tout. A trois heures, le dernier groupe rentrait bredouille. C'était délicat en cette période d'incendie, de feux à répétition, mais, comme depuis plusieurs jours la situation était calme, le mistral tombé, on fit alors appel aux pompiers. Les jeeps rouges et le camion des premiers secours étaient alignés en file indienne dans l'allée quand un petit homme chapeauté, vêtu de clair, passa en revue, intrigué, cet 20 imposant déploiement. L'autocar, par une faveur spéciale au vu de son âge avancé, l'a déposé devant l'entrée marquée par les cyprès. Sa cigarette n'est consumée qu'à moitié qui pend à ses lèvres, mais, considérant la situation, il lui vient à l'idée