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Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire de texte (20 points) Objet d’étude : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle. Théophile Gautier, La Morte amoureuse, 1836. Bien qu’on l’ait averti que Clarimonde est un vampire, le narrateur poursuit sa relation
Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire de texte (20 points) Objet d’étude : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle. Théophile Gautier, La Morte amoureuse, 1836. Bien qu’on l’ait averti que Clarimonde est un vampire, le narrateur poursuit sa relation avec elle. Toutefois, rendu méfiant, il décide de surveiller ses faits et gestes : il positionne notamment un miroir pour l’observer sans qu’elle s’en doute. Cependant, un soir, je vis dans ma glace, dont elle n'avait pas calculé la perfide1 position, Clarimonde qui versait une poudre dans la coupe de vin épicé qu'elle avait coutume de préparer après le repas. Je pris la coupe, je feignis2 d'y porter mes lèvres, et je la posai sur quelque meuble comme pour l'achever plus tard à mon loisir, 5 et, profitant d'un instant où la belle avait le dos tourné, j'en jetai le contenu sous la table ; après quoi je me retirai dans ma chambre et je me couchai, bien déterminé à ne pas dormir et à voir ce que tout cela deviendrait. Je n'attendis pas longtemps ; Clarimonde entra en robe de nuit, et, s'étant débarrassée de ses voiles, s'allongea dans le lit auprès de moi. Quand elle se fut bien assurée que je dormais, elle 10 découvrit mon bras et tira une épingle d'or de sa tête ; puis elle se mit à murmurer à voix basse : « Une goutte, rien qu'une petite goutte rouge, un rubis au bout de mon aiguille !... Puisque tu m'aimes encore, il ne faut pas que je meure... Ah ! pauvre amour, ton beau sang d'une couleur pourpre si éclatante, je vais le boire. Dors, mon seul bien ; 15 dors, mon dieu, mon enfant ; je ne te ferai pas de mal, je ne prendrai de ta vie que ce qu'il faudra pour ne pas laisser éteindre la mienne. Si je ne t'aimais pas tant, je pourrais me résoudre à avoir d'autres amants dont je tarirais3 les veines ; mais depuis que je te connais, j'ai tout le monde en horreur... Ah ! le beau bras ! comme il est rond ! comme il est blanc ! Je n'oserai jamais piquer cette jolie veine bleue. » Et, 20 tout en disant cela, elle pleurait, et je sentais pleuvoir ses larmes sur mon bras qu'elle tenait entre ses mains. Enfin elle se décida,