Aperçu du sujet
Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants. Sujet 1 Peut-on se mettre d’accord sur ce qui est juste ? Sujet 2 Transformer la nature nous rend-il plus libres ? Sujet 3 Expliquer le texte suivant : Je crois que nous pouvons espérer avec autant de fondement de
Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants. Sujet 1 Peut-on se mettre d’accord sur ce qui est juste ? Sujet 2 Transformer la nature nous rend-il plus libres ? Sujet 3 Expliquer le texte suivant : Je crois que nous pouvons espérer avec autant de fondement de voir par les yeux d’autrui, que de connaître les choses par l’entendement1 des autres hommes. Plus nous connaissons la vérité et la raison par nous-mêmes, plus nos connaissances sont réelles et véritables. Pour les opinions des autres hommes, si elles viennent à rouler et flotter, pour ainsi dire, dans notre esprit, elles ne contribuent en rien à nous rendre plus intelligents, quoi que par ailleurs elles soient conformes à la vérité. Tandis que nous n’adoptons ces opinions que par respect pour le nom de leurs auteurs, et que nous n’employons point notre raison, comme eux, à comprendre ces vérités, dont la connaissance les a rendus si illustres dans le monde, ce qui en eux était véritable science, n’est en nous que pur entêtement. Aristote2 était sans doute un très habile homme, mais personne ne s’est encore avisé de le juger tel parce qu’il adoptait aveuglément et soutenait avec confiance les opinions d’autrui. Et s’il n’est pas devenu philosophe en recevant sans examen les principes des savants qui l’on précédé, je ne vois pas que personne puisse le devenir par ce moyen-là. Dans les sciences, chacun n’est riche que de ses connaissances réelles, celles dont il comprend lui-même les fondements. C’est là son véritable trésor, le fonds qui lui appartient en propre, et dont il se peut dire le maître. Pour ce qui est des choses qu’il croit, et reçoit simplement sur la foi d’autrui, elles ne sauraient entrer en ligne de compte. Ce ne sont que des lambeaux, entièrement inutiles à ceux qui les ramassent, quoi qu’ils vaillent leur prix étant joints au vêtement d’où ils ont été détachés : monnaie d’emprunt, toute pareille à ces pièces enchantées qui paraissent de l’or entre les mains de celui dont on les reçoit, mais qui deviennent des feuilles, ou de la poussière, dès qu’on vient à s’en servir. John Locke, Essai sur l’entendement humain (1689). 1 « l’entendement » : l’esprit. 2 « Aristote » : illustre philosophe de l’Antiquité. 22 - PHTEPO3 Page 2/3 Rédaction de la copie Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte.