Aperçu du sujet
SUJET 1 La religion implique-t-elle de renoncer à la raison ? SUJET 2 Sommes-nous vraiment sensibles à l’injustice ? SUJET 3 Expliquer le texte suivant : Mais quelle ingratitude, quelle courte vision que d’aspirer à l’abolition de la culture ! Ce qui resterait alors serait l’état de nature, et celui-ci
SUJET 1 La religion implique-t-elle de renoncer à la raison ? SUJET 2 Sommes-nous vraiment sensibles à l’injustice ? SUJET 3 Expliquer le texte suivant : Mais quelle ingratitude, quelle courte vision que d’aspirer à l’abolition de la culture ! Ce qui resterait alors serait l’état de nature, et celui-ci est de beaucoup plus difficile à supporter. Il est vrai, la nature ne nous demande pas de restreindre nos instincts, elle leur laisse toute liberté, mais elle a sa manière, et particulièrement efficace, de nous restreindre : elle nous détruit froidement, cruellement, brutalement, à ce qu’il nous semble, et ceci justement parfois à l’occasion de nos satisfactions. C’est précisément à cause de ces dangers dont la nature nous menace que nous nous sommes rapprochés et avons créé la culture qui, entre autres raisons d’être, doit nous permettre de vivre en commun. A la vérité, la tâche principale de la culture, sa raison d’être essentielle est de nous protéger contre la nature. On le sait, dans bien des domaines, elle s’acquitte déjà fort bien de cette tâche, et dans l’avenir elle s’en acquittera évidemment encore bien mieux. Mais personne ne nourrit l’illusion que la nature soit déjà domptée, et bien peu osent espérer qu’elle soit un jour tout entière soumise à l’homme. Voici les éléments, qui semblent se moquer de toute contrainte que chercherait à leur imposer l’homme : la terre, qui tremble, qui se fend, qui engloutit l’homme et son œuvre, l’eau, qui se soulève, et inonde et noie toute chose, la tempête qui emporte tout devant soi ; voici les maladies, que nous savons depuis peu seulement être dues aux attaques d’autres êtres vivants, et enfin l’énigme douloureuse de la mort, à laquelle aucun remède n’a jusqu’ici été trouvé et ne le sera sans doute jamais. Avec ces forces, la nature se dresse contre nous, sublime, cruelle, inexorable ; ainsi elle nous rappelle notre faiblesse, notre détresse, auxquelles nous espérions nous soustraire grâce au travail de notre culture. C’est un des rares spectacles nobles et exaltants que les hommes puissent offrir que de les voir, en présence d’une catastrophe due aux éléments, oublier leurs désaccords, les querelles et hostilités qui les divisent pour se souvenir de leur grande tâche commune : le maintien de l’humanité face aux forces supérieures de la nature. FREUD, L’avenir d’une illusion (1927) 23-PHTEG11 Page 2/3 Rédaction de la copie Le candidat a le choix