Aperçu du sujet
SUJET 1 Peut-on opposer le respect des opinions à la recherche de la vérité ? SUJET 2 Peut-on dire de la nature qu’elle est hostile à l’homme ? SUJET 3 Expliquer le texte suivant : La participation du spectateur, nécessaire au plaisir ressenti devant une œuvre d’art, repose en partie
SUJET 1 Peut-on opposer le respect des opinions à la recherche de la vérité ? SUJET 2 Peut-on dire de la nature qu’elle est hostile à l’homme ? SUJET 3 Expliquer le texte suivant : La participation du spectateur, nécessaire au plaisir ressenti devant une œuvre d’art, repose en partie sur le fait que toute œuvre d’art a besoin pour agir de l’intermédiaire de l’imagination, qu’elle doit par suite stimuler sans jamais la négliger ni la laisser inactive. C’est une condition du sentiment esthétique, et par là une loi fondamentale de tous les beaux-arts. Il en résulte que l’œuvre d’art ne doit pas tout livrer directement aux sens, mais juste ce qu’il faut pour mettre l’imagination en bonne voie ; l’imagination doit toujours avoir quelque chose à ajouter, c’est elle qui doit même avoir le dernier mot. Même pour l’écrivain c’est une nécessité de laisser quelque chose à penser au lecteur ; car, Voltaire l’a dit très justement : « Le secret d’être ennuyeux, c’est de tout dire. » Ajoutons que ce qu’il y a de meilleur dans l’art est trop spirituel pour être livré directement aux sens : c’est à l’imagination de le mettre au jour, quoique l’œuvre d’art doive l’engendrer. Voilà pourquoi souvent les esquisses des grands maîtres font plus d’effet que leurs tableaux achevés ; ce qui y contribue sans doute encore, c’est qu’elles naissent entières d’un seul jet, au moment de la conception, tandis que le tableau parfait, sorti d’une inspiration qui ne peut se maintenir jusqu’à son achèvement, ne peut être exécuté qu’au prix d’un effort soutenu, d’une réflexion toujours prudente et d’une constante tension de la volonté. — Cette loi esthétique ici en question nous explique encore pourquoi des figures de cire, qui sont des imitations parfaites de la nature, ne produisent jamais aucun effet esthétique et, par conséquent, ne sont pas des œuvres d’art véritables. C’est qu’elles ne laissent rien à faire à l’imagination. La sculpture, en effet, ne donne que la forme, mais non la couleur ; la peinture donne la couleur, mais la simple apparence de la forme : toutes deux ont ainsi recours à l’imagination du spectateur. La figure de cire au contraire donne tout, couleur et forme à la fois ; il en résulte l’apparence de la réalité, et l’imagination ne trouve plus ici de place. SCHOPENHAUER, Le monde comme volonté et comme représentation (1844) 23-PHTENC1 Page 2/3 Questions