Aperçu du sujet
Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants Sujet 1 A-t-on besoin d’artistes ? Sujet 2 Pourquoi être juste ? Sujet 3 Expliquer le texte suivant : Les chevaux ont des sabots pour fouler le givre et la neige. Ils ont une robe qui les protège de la
Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants Sujet 1 A-t-on besoin d’artistes ? Sujet 2 Pourquoi être juste ? Sujet 3 Expliquer le texte suivant : Les chevaux ont des sabots pour fouler le givre et la neige. Ils ont une robe qui les protège de la bise et de la froidure. Ils broutent l’herbe, boivent l’eau, lèvent les pattes et galopent. Telle est la véritable nature des chevaux. Ils n’ont que faire des manèges et des écuries. Un jour Po-lo 1 survint. Il déclara : « Je vais m’occuper des chevaux. » Il les brûla, les tailla, les perça, les brida ; il les lia avec des longes et des entraves ; il les parqua dans des enclos. Il en mourut trois sur dix. Il leur fit endurer la faim et la soif ; il les contraignit à prendre le trot ou le galop. Il les accoutuma à s’aligner et à se mouvoir de concert ; il leur imposa, devant, la torture du mors 2 et leur agita, derrière, la menace de la cravache. Il en mourut la moitié. Le potier déclara : « Je sais pétrir la glaise. » Il la façonna au compas et à l’équerre pour obtenir des formes rondes ou carrées. Le charpentier décréta : « Je sais travailler le bois. » Il ploya les parties courbes à la forme à cintrer 3, rectifia les parties droites au cordeau. Était-il dans la nature de la glaise et du bois de se voir appliquer le compas, l’équerre et les instruments pour former des droites et des courbes ? Et pourtant de génération en génération on ne cesse de proclamer : « Po-lo sut dresser les chevaux, le potier façonner l’argile, le charpentier courber le bois. » Ceux qui prétendent gouverner le monde présentent le même défaut. Je considère, moi, que ceux qui savent réellement gouverner s’y prennent tout autrement. Si on laisse les gens s’abandonner à leur constitution naturelle, ils se contentent de tisser la toile pour se vêtir, de labourer pour se nourrir ; par là se manifeste une vertu commune, ils sont tous unis et il n’y a pas de partis. C’est ce qu’on appelle la liberté naturelle. Tchouang Tseu, Œuvres complètes, chapitre 9 (IVème siècle av. J.-C) 1 Po-lo est un dresseur de chevaux légendaire. 2 Le mors est une pièce métallique qui passe dans la bouche du cheval. 3