Aperçu du sujet
Vous traiterez au choix, I'un des deux sujets suivants : 1- Commentaire (20 points) OBJET D' UDE : Le roman et le récit du n au XXl" siècle Patrick MODIANO [né en 1945], Livret de famille,1977. Trente ans après la Seconde Guerre mondiale, Ie narrateur se retrouve dans un appartement
Vous traiterez au choix, I'un des deux sujets suivants : 1- Commentaire (20 points) OBJET D' UDE : Le roman et le récit du n au XXl" siècle Patrick MODIANO [né en 1945], Livret de famille,1977. Trente ans après la Seconde Guerre mondiale, Ie narrateur se retrouve dans un appartement à Paris, où il sait gue ses parents ont vécu pendant I'Occupation allemande. ll évoque alors des souyenirs de la vie de ses parents avant sa nar'ssance. J'ai conservé une photo au format si petit que je la scrute à la loupe pour en discerner les détails. lls sont assis I'un à côté de I'autre, sur le divan du salon, ma mère un livre à Ia main droite, la main gauche appuyée sur l'épaule de mon père qui se penche et caresse un grand chien noir dont je ne saurais dire la race. Ma mère porte un curieux corsage à rayures et à 5 manches longues, ses cheveux blonds lui tombent sur les épaules. Mon père est vêtu d'un costume clair. Avec ses cheveux bruns et sa moustache fine, il ressemble ici à I'aviateur américain Howard Hughes. Qui a bien pu prendre cette photo, un soir de I'Occupation ? Sans cette époque, sans les rencontres hasardeuses et contradictoires qu'elle provoquait, je ne serais jamais né. Soirs où ma mère, dans la chambre du cinquième, lisait ou regardait par Ia 10 fenêtre. En bas, la porte d'entrée faisait un bruit métallique en se refermant. C'était mon père qui revenait de ses mystérieux périples. lls dînaient tous les deux, dans la salle à manger d'été du quatrième. Ensuite, ils passaient au salon, qui servait de bureau à mon père. Là, il fallait tirer les rideaux, à cause de la Défense passivet. lls écoutaient la radio, sans doute, et ma mère tapait à la machine, maladroitement, les soustitres qu'elle devait remettre chaque 15 semaine à la Continental2. Mon père lisait Corps ef Âmes3ou'les Mémoires de Bûlow4. lls parlaient, ils faisaient des projets. lls avaient souvent des fous rires. Un soir, ils étaient allés au théâtre des Mathurins voir un drame intitulé So/ness /e Cons- tructeur et ils s'enfuirent de la salle en pouffant. lls ne maîtrisaient plus leurfou rire. lls conti- nuaient à rire aux éclats sur le trottoir, tout près de la rue Greffulhe où se tenaient les policiers z0 qui voulaient la mort de mon père. Quelquefois, quand ils avaient tiré