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Vous traiterez, au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire (20 points) OBJET D’ÉTUDE : La littérature d’idées du XVIe au XVIIIe siècle Fénelon [1651-1715], Les Aventures de Télémaque, XVIIe livre, 1699. Fénelon, chargé de l’éducation du petit-fils de Louis XIV, écrivit ce roman pour préparer ce jeune
Vous traiterez, au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire (20 points) OBJET D’ÉTUDE : La littérature d’idées du XVIe au XVIIIe siècle Fénelon [1651-1715], Les Aventures de Télémaque, XVIIe livre, 1699. Fénelon, chargé de l’éducation du petit-fils de Louis XIV, écrivit ce roman pour préparer ce jeune prince à son futur métier de roi. Dans cette œuvre, qui s’inspire de l’Odyssée d’Homère, le personnage de Mentor est lui aussi chargé d’éduquer Télémaque, le jeune fils d’Ulysse, qui va devenir roi. Dans ce chapitre, Mentor expose à son élève deux défauts ma- jeurs à éviter pour gouverner : l’abus de pouvoir et, ici, l’excès du luxe. « L'autre mal, presque incurable, est le luxe. Comme la trop grande autorité empoisonne les rois, le luxe empoisonne toute une nation. On dit que le luxe sert à nourrir les pauvres aux dépens des riches, comme si les pauvres ne pouvaient pas gagner leur vie plus utilement, en multipliant les fruits de la terre, sans amollir les riches par des raffinements de volupté. Toute 5 une nation s'accoutume à regarder comme les nécessités de la vie les choses les plus su- perflues, ce sont tous les jours de nouvelles nécessités qu'on invente, et on ne peut plus se passer des choses, qu'on ne connaissait point trente ans auparavant. Ce luxe s'appelle bon goût, perfection des arts, et politesse de la nation. Ce vice, qui en attire une infinité d'autres, est loué, comme une vertu ; il répand sa contagion depuis le roi jusqu'aux derniers de la lie 10 du peuple1. Les proches parents du roi veulent imiter sa magnificence, les grands2 celle des parents du roi, les gens médiocres3 veulent égaler les grands, car qui est-ce qui se fait jus- tice ? Les petits veulent passer pour médiocres. Tout le monde fait plus qu'il ne peut ; les uns par faste4, et pour se prévaloir de leurs richesses ; les autres par mauvaise honte, et pour cacher leur pauvreté. Ceux mêmes qui sont assez sages pour condamner un si grand dé- 15 sordre, ne le sont pas assez pour oser lever la tête les premiers, et pour donner des exemples contraires. Toute une nation se ruine, toutes les conditions5 se confondent. La passion d'acquérir du bien pour soutenir une vaine dépense corrompt les âmes les plus pures. Il n'est plus question que d'être riche ; la pauvreté est une infamie6. Soyez