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Vous traiterez, au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire (20 points) Objet d’étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle Mme Amédée Fleurissoire, née Péterat, sœur cadette de Véronique Armand-Dubois et de Marguerite de Baraglioul, répondait au nom baroque1 d’Arnica2. Philibert Péterat,
Vous traiterez, au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire (20 points) Objet d’étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle Mme Amédée Fleurissoire, née Péterat, sœur cadette de Véronique Armand-Dubois et de Marguerite de Baraglioul, répondait au nom baroque1 d’Arnica2. Philibert Péterat, botaniste assez célèbre, sous le Second Empire, par ses malheurs conjugaux, avait, dès sa jeunesse, promis des noms de fleurs aux enfants qu'il pourrait avoir. Certains amis trouvèrent un peu particulier le nom 5 de Véronique2 dont il baptisa le premier ; mais, lorsque au nom de Marguerite2, il entendit insinuer qu'il en rabattait3, cédait à l'opinion, rejoignait le banal, il résolut, brusquement rebiffé4, de gratifier son troisième produit d'un nom si délibérément botanique qu'il fermerait le bec à tous les médisants. Peu après la naissance d'Arnica, Philibert, dont le caractère s'était aigri, se sépara d'avec 10 sa femme, quitta la capitale et s'alla fixer à Pau. L'épouse s'attardait à Paris l'hiver, mais aux premiers beaux jours regagnait Tarbes, sa ville natale, où elle recevait ses deux aînées dans une vieille maison de famille. Véronique et Marguerite mi-partissaient5 l'année entre Tarbes et Pau. Quant à la petite Arnica, inconsidérée par ses sœurs et par sa mère, un peu niaise, il est vrai, et plus touchante 15 que jolie, elle demeurait, été comme hiver, près du père. La plus grande joie de l'enfant était d'aller herboriser avec son père dans la campagne ; mais souvent le maniaque6, cédant à son humeur chagrine, la plantait là, partait tout seul pour une énorme randonnée, rentrait fourbu et, sitôt après le repas, se fourrait au lit sans faire à sa fille l'aumône d'un sourire ou d'un mot. Il jouait de la flûte à ses heures de poésie, rabâchant 20 insatiablement les mêmes airs. Le reste du temps il dessinait de minutieux portraits de fleurs. Une vieille bonne, surnommée Réséda2, qui s'occupait de la cuisine et du ménage, avait la garde de l'enfant ; elle lui enseigna le peu qu'elle connaissait elle-même. À ce régime, Arnica savait à peine lire à dix ans. Le respect humain avertit enfin Philibert : Arnica entra en pension chez Madame veuve Semène qui inculquait des rudiments à une douzaine de fillettes et à 25 quelques très jeunes garçons. Arnica Péterat, sans défiance et sans défense, n'avait jamais imaginé jusqu’à ce jour que son nom pût porter à rire. Elle