Aperçu du sujet
1- Commentaire (20 points) Objet d’étude : Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Jean Racine [1639-1699], Bérénice, 1670, extrait de l’acte IV, scène 5. La mort de l’empereur de Rome, Vespasien, conduit son fils Titus à lui succéder. Titus aime Bérénice, une reine étrangère. Le peuple romain est hostile
1- Commentaire (20 points) Objet d’étude : Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Jean Racine [1639-1699], Bérénice, 1670, extrait de l’acte IV, scène 5. La mort de l’empereur de Rome, Vespasien, conduit son fils Titus à lui succéder. Titus aime Bérénice, une reine étrangère. Le peuple romain est hostile à la royauté et Titus va se séparer de Bérénice. A la scène 5 de l’acte IV, les deux amants se retrouvent face à face. TITUS […] Aidez-moi, s’il se peut, à vaincre sa faiblesse1, A retenir des pleurs qui m’échappent sans cesse ; Ou, si nous ne pouvons commander à nos pleurs, Que la gloire du moins soutienne nos douleurs ; Et que tout l’univers reconnaisse sans peine Les pleurs d’un empereur et les pleurs d’une reine. Car enfin, ma princesse, il faut nous séparer. BÉRÉNICE Ah ! cruel ! est-il temps de me le déclarer ? Qu’avez-vous fait ? Hélas ! je me suis crue aimée. Au plaisir de vous voir mon âme accoutumée Ne vit2 plus que pour vous. Ignorez-vous vos lois, Quand je vous l’avouai pour la première fois ? A quel excès d’amour m’avez-vous amenée ! Que ne me disiez-vous : « Princesse infortunée, Où vas-tu t’engager, et quel est ton espoir ? ne donne point un cœur qu’on ne peut recevoir. » Ne l’avez-vous reçu, cruel, que pour le rendre, Quand de vos seules mains ce cœur voudrait dépendre ? Tout l’Empire a vingt fois conspiré contre nous. Il était temps encor : que ne me quittiez-vous ? Mille raisons alors consolaient ma misère : Je pouvais de ma mort accuser votre père, Le peuple, le sénat, tout l’Empire romain, Tout l’univers, plutôt qu’une si chère main. Leur haine, dès longtemps contre moi déclarée, M’avait à mon malheur dès longtemps préparée. Je n’aurais pas, Seigneur, reçu ce coup cruel Dans le temps que j’espère un bonheur immortel, Quand votre heureux amour peut tout ce qu’il désire, Lorsque Rome se tait, quand votre père expire, Lorsque tout l’univers fléchit à vos genoux, Enfin quand je n’ai plus à redouter que vous. 1 sa faiblesse : ici, Titus parle de son propre cœur, 2 Ne vit : il s’agit ici du verbe vivre. 23-FRGEAN1 Sujet retranscrit par www.sujetdebac.fr Page 2 sur 4 TITUS Et c’est moi seul aussi qui pouvais me détruire. Je pouvais vivre alors et me laisser séduire. Mon cœur se gardait bien d’aller