Aperçu du sujet
Vous traiterez, au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire (20 points) Objet d'étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle Vous commenterez le texte suivant : Jean Giono, Le Chant du monde, Première partie, II, 1934. C’est au bord d’un fleuve, au
Vous traiterez, au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire (20 points) Objet d'étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle Vous commenterez le texte suivant : Jean Giono, Le Chant du monde, Première partie, II, 1934. C’est au bord d’un fleuve, au cœur d’un paysage de montagnes, que vit Antonio le pêcheur, en harmonie avec la nature. La saison est déjà bien avancée. Il doit toutefois remonter le fleuve et traverser des gorges. Afin de savoir si ce projet est encore réalisable, il décide d’entrer dans l’eau. Il plongea. Dans l’habitude de l’eau, ses épaules étaient devenues comme des épaules de poisson. Elles étaient grasses et rondes, sans bosses ni creux. Elles montaient vers son cou, elles renforçaient le cou. Il entra de son seul élan dans le gluant du courant. 5 Il se dit : « L’eau est épaisse. » Il donna un coup de jarret. Il avait tapé comme sur du fer. Il ne monta pas. Il avait de longues lianes d’eau ligneuse1 enroulées autour de son ventre. Il serra les dents. Il donna un coup de pied. Une lanière d’eau serra sa poitrine. Il était emporté 10 par une masse vivante. Il se dit : « Jusqu’au rouge. » C’était sa limite. Quand il était à bout d’air il entendait un grondement dans ses oreilles, puis le son devenait rouge et remplissait sa tête d’un grondement sanglant à 15 goût de soufre. Il se laissa emporter. Il cherchait la faiblesse de l’eau avec sa tête. Il entendait dans lui : « Rouge, rouge. » Et puis le ronflement du fleuve, pas le même que d’en haut mais ce bruit de 20 râpe que faisait l’eau en charriant son fond de galets. Le sang coula dans ses yeux. Alors, il se tourna un peu en prenant appui sur la force longue du courant ; il replia son genou droit comme pour se pencher vers le fond, il ajusta sa tête bien solide dans son cou et, en même temps qu’il lançait sa jambe droite, il ouvrit les bras. 25 Il émergeait. Il respira. Il revoyait du vert. Ses bras luisaient dans l’écume de l’eau. C’étaient deux beaux bras nus, longs et solides, à peine un peu renflés au- dessus du coude mais tout entourés sous la peau d’une escalade de muscles. Les belles épaules fendaient l’eau. Antonio penchait son visage