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Vous traiterez, au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire (20 points) Objet d’étude : La littérature d’idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle. L’extrait présenté se passe dans le royaume de Salente, une région du sud de l’Italie. Le roi crétois Idoménée s’est emparé des terres des
Vous traiterez, au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire (20 points) Objet d’étude : La littérature d’idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle. L’extrait présenté se passe dans le royaume de Salente, une région du sud de l’Italie. Le roi crétois Idoménée s’est emparé des terres des Manduriens. Ces derniers sont considérés comme des sauvages par les Crétois. Idoménée raconte la venue de deux émissaires manduriens, envoyés pour négocier la paix après des combats violents. Peu de temps après, ces peuples envoyèrent vers moi deux de leurs plus sages vieillards, qui venaient me demander la paix. Ils m’apportèrent des présents : c’étaient des peaux des bêtes farouches qu’ils avaient tuées et des fruits du pays. Après m’avoir donné leurs présents, ils parlèrent ainsi : « Ô roi, nous tenons, comme tu vois, dans une main l’épée, et dans l’autre 5 une branche d’olivier. » En effet, ils tenaient l’une et l’autre dans leurs mains. « Voilà la paix et la guerre : choisis. Nous aimerions mieux la paix : c’est pour l’amour d’elle que nous n’avons point eu de honte de te céder le doux rivage de la mer, où le soleil rend la terre fertile et produit tant de fruits délicieux. La paix est plus douce que tous ces fruits : c’est pour elle que nous nous sommes retirés dans ces hautes montagnes toujours couvertes de glace et de neige, où l’on ne 10 voit jamais ni les fleurs du printemps, ni les riches fruits de l’automne. Nous avons horreur de cette brutalité, qui, sous de beaux noms d’ambition et de gloire, va follement ravager les pro- vinces et répand le sang des hommes, qui sont tous frères. Si cette fausse gloire te touche, nous n’avons garde de1 te l’envier : nous te plaignons et nous prions les dieux de nous préserver d’une fureur semblable. Si les sciences que les Grecs apprennent avec tant de soin et si la 15 politesse2 dont ils se piquent3 ne leur inspirent que cette détestable injustice, nous nous croyons trop heureux de n’avoir point ces avantages. Nous ferons gloire d’être toujours ignorants et barbares, mais justes, humains, fidèles, désintéressés, accoutumés à nous contenter de peu, et à mépriser la vaine délicatesse qui fait qu’on a besoin d’avoir beaucoup. Ce que nous esti- mons, c’est la santé, la frugalité4, la liberté, la vigueur de corps et d’esprit ; c’est l’amour de