Aperçu du sujet
Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire (20 points) OBJET D’ÉTUDE : Le roman et le récit du Moyen-Âge au XXIe siècle René Barjavel [1911-1985], Tarendol, première partie « Une nuit de printemps », 1946. André Tarendol, parti pour la guerre en août 1914, rentre
Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants : 1- Commentaire (20 points) OBJET D’ÉTUDE : Le roman et le récit du Moyen-Âge au XXIe siècle René Barjavel [1911-1985], Tarendol, première partie « Une nuit de printemps », 1946. André Tarendol, parti pour la guerre en août 1914, rentre chez lui, dans le hameau de Courtaizeau, où l’attend sa femme Françoise. Il avait hâte et peur d’arriver. C’était le vrai retour, dans la nuit, la pluie, la boue et le vent. La fin du voyage, après tant de pas dans les champs éventrés, sur les routes rompues, après tant d’étapes parmi les obus, sur les chemins de feu, de poussière et de boue, sur la terre sans herbe, avec les vivants qui suaient, les morts qui puaient, les blessés hurlants. 5 Sous la pluie, dans la nuit et le vent, André Tarendol arriva chez lui. Il franchit le petit pont. Courtaizeau était là. Quatre maisons basses plus noires que la nuit, et le toit pointu du Pigeonnier qu’il ne voyait pas, à l’autre bout du hameau (1). Un chien (1) hameau : ensemble d’habitations rurales, à distance d’un village. 25FRGEAS1 Page agrandie 2 / 6 2.1 / 3 aboya. André reconnut la voix du berger des Rigaud. Il aboyait derrière la porte de la grange. Il signalait le pas qui venait d’arriver au village. À cette heure, les chiens savent que tout 10 repose dans les maisons fermées. Les hommes, les femmes et les bêtes qu’ils connaissent dorment. Dehors, les chiens ne doivent entendre que les bruits de la pluie et du vent, et les cheminements furtifs des bêtes qui n’entrent jamais dans les maisons et que l’aube chassera. Les chiens du hameau entendirent le pas insolite et aboyèrent. Un mouton bêla. André s’arrêta. Des fils d’eau coulaient des manches de sa capote et de ses doigts. Le poids 15 de la nuit et des souvenirs pliait ses épaules. Il revint lentement au petit pont, descendit vers le torrent. Ses pieds glissaient sur la marne (2) détrempée. Il tomba, le visage dans la terre, se releva, tomba de nouveau, s’écorcha les mains. Le torrent contournait les terres basses du village. André remonta vers son pré, franchit le mur, se trouva devant sa maison. Là, derrière la porte, solide contre le vent et la nuit, dans la pièce chaude peut-être éclairée par 20 les dernières braises du feu, Françoise, sa