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Objet d’étude : l’autobiographie Le sujet comprend : Texte A : Jean-Jacques Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire, « Cinquième promenade », 1782 Texte B : François René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, première partie, livre 3, chapitres 10 et 11, 1848-1850 Texte C : Simone de Beauvoir, La Force de
Objet d’étude : l’autobiographie Le sujet comprend : Texte A : Jean-Jacques Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire, « Cinquième promenade », 1782 Texte B : François René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, première partie, livre 3, chapitres 10 et 11, 1848-1850 Texte C : Simone de Beauvoir, La Force de l’âge, chapitre premier, 1960 11FRLIME-LR-CE1-3 Page 2 sur 7 TEXTE A : Jean-Jacques Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire, « Cinquième promenade » Jean-Jacques Rousseau évoque ici son séjour, solitaire et propice à des rêveries particulièrement heureuses, dans une île du lac de Bienne (Suisse) appelée Ile de Saint Pierre. Cette espèce de rêverie peut se goûter partout où l’on peut être tranquille, et j’ai souvent pensé qu’à la Bastille, et, même dans un cachot où nul objet n’eût frappé ma vue, j’aurais encore pu rêver agréablement. Mais il faut avouer que cela se faisait bien mieux et plus agréablement dans une île fertile et solitaire, naturellement 5 circonscrite et séparée du reste du monde, où rien ne m’offrait que des images riantes, où rien ne me rappelait des souvenirs attristants, où la société du petit nombre d’habitants était liante et douce sans être intéressante au point de m’occuper incessamment, où je pouvais enfin me livrer tout le jour sans obstacle et sans soins aux occupations de mon goût ou à la plus molle oisiveté. L’occasion sans doute était 10 belle pour un rêveur qui, sachant se nourrir d’agréables chimères au milieu des objets les plus déplaisants, pouvait s’en rassasier à son aise en y faisant concourir tout ce qui frappait réellement ses sens. En sortant d’une longue et douce rêverie, en me voyant entouré de verdure, de fleurs, d’oiseaux et faisant errer mes jeux au loin sur les romanesques rivages qui bordaient une vaste étendue d’eau claire et 15 cristalline, j’assimilais à mes fictions tous ces aimables objets ; et me trouvant enfin ramené par degrés à moi-même et à ce qui m’entourait, je ne pouvais marquer le point de séparation des fictions aux réalités, tant tout concourait également à me rendre chère la vie recueillie et solitaire que je menais dans ce beau séjour. Que ne peut-elle renaître encore ! Que ne puis-je aller finir mes jours dans cette île chérie 20 sans en ressortir jamais, ni jamais y revoir aucun habitant du continent qui me rappelât le souvenir des calamités de toute espèce qu’ils se plaisent à