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Objet d’étude : le théâtre : texte et représentation Le sujet comprend : Texte A : Jean Giraudoux, Amphitryon 38, Acte I, scène 5, 1929 Texte B : Eugène Ionesco, Rhinocéros, Acte II, Tableau II, 1959 Texte C : Christine Montalbetti, Le Cas Jekyll, 2007 11FRLIME1-LR1 Page 2 sur 7
Objet d’étude : le théâtre : texte et représentation Le sujet comprend : Texte A : Jean Giraudoux, Amphitryon 38, Acte I, scène 5, 1929 Texte B : Eugène Ionesco, Rhinocéros, Acte II, Tableau II, 1959 Texte C : Christine Montalbetti, Le Cas Jekyll, 2007 11FRLIME1-LR1 Page 2 sur 7 TEXTE A - Jean Giraudoux, Amphitryon 38, Acte I, scène 5, 1929 Jupiter veut séduire Alcmène qui est résolument fidèle à Amphitryon, son mari. Pour l’approcher et parvenir à ses fins, il lui faut donc éloigner celui-ci en l’envoyant à la guerre et prendre son apparence tandis que Mercure prendra celle de Sosie, le serviteur d’Amphitryon. Jupiter achève sa métamorphose avant de se présenter devant Alcmène. MERCURE : C’est votre corps entier qui doit être sans défaut… Venez là, à la lumière, que je vous ajuste votre uniforme d’homme… Plus près, je vois mal. JUPITER : Mes yeux sont bien ? MERCURE : Voyons vos yeux… Trop brillants… Ils ne sont qu’un iris, sans cornée, pas 5 de soupçon de glande lacrymale ; – peut-être allez-vous avoir à pleurer ; – et les regards au lieu d’irradier des nerfs optiques, vous arrivent d’un foyer extérieur à vous à travers votre crâne… Ne commandez pas au soleil vos regards humains. La lumière des yeux terrestres correspond exactement à l’obscurité complète dans notre ciel… Même les assassins n’ont là que deux veilleuses… Vous ne preniez pas de prunelles, dans vos 10 précédentes aventures ? JUPITER : Jamais, j’ai oublié… Comme ceci, les prunelles ? MERCURE : Non, non, pas de phosphore1… Changez ces yeux de chat ! On voit encore vos prunelles au travers de vos paupières quand vous clignez… On ne peut se voir dans ces yeux-là… Mettez-leur un fond. 15 JUPITER : L’aventurine2ne ferait pas mal, avec ses reflets d’or. MERCURE : À la peau maintenant ! JUPITER : À ma peau ? MERCURE : Trop lisse, trop douce, votre peau… C’est de la peau d’enfant. Il faut une peau sur laquelle le vent ait trente ans soufflé, qui ait trente ans plongé dans l’air et dans 20 la mer, bref qui ait son goût, car on la goûtera. Les autres femmes ne disaient rien, en constatant que la peau de Jupiter avait goût d’enfant ? JUPITER : Leurs caresses n’en étaient pas plus maternelles. MERCURE : Cette peau-là ne ferait pas deux voyages… Et resserrez un peu votre sac