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OBJET D’ETUDE : LA QUESTION DE L’HOMME DANS LES GENRES DE L’ARGUMENTATION DU XVIème A NOS JOURS. CORPUS TEXTE A : Michel de MONTAIGNE, Essais, Livre II (1595) TEXTE B : Jean de LA FONTAINE, Fables, Livre IX (1679) TEXTE C : Jean ROSTAND, Pensées d’un biologiste (1954) TEXTE A
OBJET D’ETUDE : LA QUESTION DE L’HOMME DANS LES GENRES DE L’ARGUMENTATION DU XVIème A NOS JOURS. CORPUS TEXTE A : Michel de MONTAIGNE, Essais, Livre II (1595) TEXTE B : Jean de LA FONTAINE, Fables, Livre IX (1679) TEXTE C : Jean ROSTAND, Pensées d’un biologiste (1954) TEXTE A - Michel de Montaigne, Essais, (1580-1588-1595), Livre II, chapitre XII, « Apologie de Raymond Sebond » Dans le chapitre XII du livre II des Essais, Montaigne analyse sans indulgence les faiblesses et les imperfections des hommes. Considérons donc pour le moment l'homme seul, sans secours étranger, armé seulement de ses armes et dépourvu de la grâce1 et de la connaissance divine qui sont tout son honneur, sa force et le fondement de son être. Voyons combien il a de solidité dans ce bel équipage2. Qu'il me fasse comprendre en employant la force de sa raison sur 5 quels fondements il a bâti ces grandes supériorités qu'il pense avoir sur les autres créatures. Qu'est-ce qui lui a persuadé que ce cours admirable de la voûte céleste, la lumière éternelle de ces flambeaux roulant si fièrement sur sa tête, les mouvements effrayants de cette mer infinie, aient été établis et se continuent pendant tant de siècles pour son avantage et pour son service ? Est-il possible d'imaginer chose aussi ridicule 10 que le fait que cette misérable et chétive créature, qui n'est pas seulement maîtresse d'elle-même, qui est exposée aux atteintes de toutes choses, se dise maîtresse et impératrice de l'univers dont elle n'a pas le pouvoir de connaître la moindre partie, tant s'en faut de la commander ? Et ce privilège qu'il s'attribue d'être le seul dans ce grand édifice qui ait la capacité d'en reconnaître la beauté et les parties, le seul qui puisse 15 rendre grâces de cela à l'architecte3 et tenir le compte de ce qui se crée et de ce qui se perd dans le monde, ce privilège, qui le lui a scellé4 ? Qu'il nous montre des lettres patentes5 qui lui confient cette belle et grande charge. Ont-elles été octroyées en faveur des sages seulement ? Elles concernent en ce cas peu de gens. Les sots et les méchants sont-ils dignes d'une faveur aussi extraordinaire et, étant la pire partie du 20 monde, méritent-ils d'être préférés à tout le reste ? 1 Grâce : faveur divine. 2 Dans ce bel équipage : avec de telles ressources.