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OBJET D’ETUDE : LES REECRITURES Le sujet comprend : Texte A : Charles Perrault, « La Belle au bois dormant », Contes, 1696 Texte B : Catulle Mendès, « La Belle au bois rêvant », Les Oiseaux bleus, 1888 Texte C : Paul Valéry, « La Belle au bois dormant
OBJET D’ETUDE : LES REECRITURES Le sujet comprend : Texte A : Charles Perrault, « La Belle au bois dormant », Contes, 1696 Texte B : Catulle Mendès, « La Belle au bois rêvant », Les Oiseaux bleus, 1888 Texte C : Paul Valéry, « La Belle au bois dormant », La Conque, 1891 Texte D : Paul Valéry, « Au bois dormant », Album de vers anciens, 1920 Texte A : Charles Perrault, « La Belle au bois dormant », Contes, 1696. « Mon Prince, il y a plus de cinquante ans que j'ai ouï dire à mon père qu'il y avait dans ce Château une Princesse, la plus belle du monde ; qu'elle devait y dormir cent ans, et qu'elle serait réveillée par le fils d'un Roi, à qui elle était réservée. »1 Le jeune Prince à ce discours se sentit tout de feu ; il crut sans hésiter qu'il mettrait fin à une si belle aventure ; et poussé 5 par l'amour et par la gloire, il résolut de voir sur-le-champ ce qu'il en était. A peine s'avança- t-il vers le bois, que tous ces grands arbres, ces ronces et ces épines s'écartèrent d'eux- mêmes pour le laisser passer : il marcha vers le Château qu'il voyait au bout d'une grande avenue où il entra, et ce qui le surprit un peu, il vit que personne de ses gens ne l'avait pu suivre, parce que les arbres s'étaient rapprochés dès qu'il avait été passé. Il ne laissa pas de 10 continuer son chemin : un Prince jeune et amoureux est toujours vaillant. Il entra dans une grande avant-cour où tout ce qu'il vit d'abord était capable de le glacer de crainte : c'était un silence affreux, l'image de la mort s'y présentait partout, et ce n'était que des corps étendus d'hommes et d'animaux, qui paraissaient morts. Il reconnut pourtant bien au nez bourgeonné et à la face vermeille des Suisses qu'ils n'étaient qu'endormis, et leurs tasses, où il y avait 15 encore quelques gouttes de vin, montraient assez qu'ils s'étaient endormis en buvant. Il passe une grande cour pavée de marbre, il monte l'escalier, il entre dans la salle des Gardes qui étaient rangés en haie, la carabine sur l'épaule, et ronflants de leur mieux. Il traverse plusieurs chambres pleines de Gentilshommes et de Dames, dormant tous, les uns debout, les autres assis ; il entre dans