Aperçu du sujet
Objet d’étude : Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours. Le sujet comprend : Texte A : Stendhal (1783-1842), La Chartreuse de Parme, partie II, chapitre 18, extrait (1839) Texte B : Gustave Flaubert (1821-1880), Madame Bovary, partie II, chapitre 6, extrait (1857) Texte C : Émile
Objet d’étude : Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours. Le sujet comprend : Texte A : Stendhal (1783-1842), La Chartreuse de Parme, partie II, chapitre 18, extrait (1839) Texte B : Gustave Flaubert (1821-1880), Madame Bovary, partie II, chapitre 6, extrait (1857) Texte C : Émile Zola (1840-1902), L’Assommoir, chapitre 1, extrait (1876) Texte D : Marcel Proust (1871-1922), À l’ombre des jeunes filles en fleurs, « Noms de pays : le pays », extrait (1919) 14FRLIME-LRM1 Page 2 sur 7 Texte A : Stendhal, La Chartreuse de Parme, partie II, chapitre 18, extrait (1839) La Chartreuse de Parme raconte l’itinéraire d’un jeune aristocrate italien, Fabrice Del Dongo. Victime d’une vengeance, le personnage est emprisonné dans la citadelle de Parme. Le gouverneur de cette forteresse est le général Fabio Conti, que Fabrice avait croisé avec sa fille Clélia sept années plus tôt. Fabrice vient de revoir la jeune fille. Il courut aux fenêtres ; la vue qu’on avait de ces fenêtres grillées était sublime : un seul petit coin de l’horizon était caché, vers le nord-ouest, par le toit en galerie du joli palais du gouverneur, qui n’avait que deux étages ; le rez-de-chaussée était occupé par les bureaux de l’état-major ; et d’abord les yeux de Fabrice furent attirés vers une des fenêtres du second 5 étage, où se trouvaient, dans de jolies cages, une grande quantité d’oiseaux de toute sorte. Fabrice s’amusait à les entendre chanter, et à les voir saluer les derniers rayons du crépuscule du soir, tandis que les geôliers1 s’agitaient autour de lui. Cette fenêtre de la volière n’était pas à plus de vingt-cinq pieds de l’une des siennes, et se trouvait à cinq ou six pieds en contrebas, de façon qu’il plongeait sur les oiseaux. 10 Il y avait lune ce jour-là, et au moment où Fabrice entrait dans sa prison, elle se levait majestueusement à l’horizon à droite, au-dessus de la chaîne des Alpes, vers Trévise. Il n’était que huit heures et demie du soir, et à l’autre extrémité de l’horizon, au couchant, un brillant crépuscule rouge orangé dessinait parfaitement les contours du mont Viso et des autres pics des Alpes qui remontent de Nice vers le Mont-Cenis et Turin ; sans songer autrement à son 15 malheur, Fabrice fut ému et ravi par ce spectacle sublime. « C’est donc dans ce monde ravissant que vit Clélia Conti !