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OBJET d’ÉTUDE : Poésie et quête de sens du Moyen Âge à nos jours. CORPUS : Texte A : La Chanson de Roland, « La bataille », v. 1396-1435 (fin du XIème siècle). Texte B : V. Hugo, La Légende des siècles, « Le cimetière d’Eylau », v. 130-159 (1859).
OBJET d’ÉTUDE : Poésie et quête de sens du Moyen Âge à nos jours. CORPUS : Texte A : La Chanson de Roland, « La bataille », v. 1396-1435 (fin du XIème siècle). Texte B : V. Hugo, La Légende des siècles, « Le cimetière d’Eylau », v. 130-159 (1859). Texte C : J.M. de Hérédia, Les Trophées, « Soir de bataille » (1893). Texte D : H. Michaux, Qui je fus, « Le grand combat » (1927). 15FRLEAG1 page 2/7 Texte A : La Chanson de Roland, « La bataille », v. 1396-1435 (fin du XIème siècle). L’épopée est un long poème narratif relatant de hauts faits héroïques où se mêlent la légende et l’histoire. La chanson de Roland est une chanson de geste consacrée aux exploits guerriers de Roland, neveu de Charlemagne, contre les Sarrasins. Nous sommes en Espagne à Saragosse. La bataille s’est durcie entre temps. Francs et païens y portent des coups merveilleux1. Les uns frappent, les autres se défendent. Que de hampes2 brisées et sanglantes ! 5 Que de gonfanons et que d’enseignes3 déchirés ! Que de bons Français y perdent leur jeune vie ! Ils ne reverront plus leurs mères ni leurs femmes, ni ceux de France qui les attendent aux ports. Charlemagne en pleure et se désole. 10 Qui s’en soucie ? Ils n’auront pas de secours ; Ganelon4 a bien mal servi Charles, ce jour-là où il alla à Saragosse, vendre toute sa maison5. Ensuite, il en perdit et la vie et les membres ; au procès d’Aix, il fut condamné à être pendu, 15 et avec lui trente de ses parents, qui ne s’attendaient pas à mourir. La bataille est merveilleuse et accablante. Roland et Olivier frappent très dur, l’archevêque rend plus de mille coups, 20 les douze Pairs ne perdent pas leur temps, et les Français frappent tous ensemble. Les païens meurent par milliers et centaines : celui qui ne s’enfuit pas n’a pas de protection contre la mort : qu’il le veuille ou non, il y laisse sa vie. 25 Les Français y perdent leurs meilleurs champions. Ils ne reverront plus leurs pères ni leurs parents, ni Charlemagne, qui les attend aux ports. En France, il y a une extraordinaire tourmente, des ouragans de tonnerre et de vent, 30 des pluies, des grésils, hors de toute mesure ; la foudre tombe, dru et souvent, et, en vérité, c’est un