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Objet d’étude : Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours. Le sujet comprend : Texte A : Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794), « Le Voyage », Fables, IV, 21 (1792) Texte B : Alphonse de Lamartine (1790-1869), « Les Voiles », poème publié en 1873
Objet d’étude : Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours. Le sujet comprend : Texte A : Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794), « Le Voyage », Fables, IV, 21 (1792) Texte B : Alphonse de Lamartine (1790-1869), « Les Voiles », poème publié en 1873 dans Œuvre posthume Texte C : Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914), L’horizon chimérique, recueil posthume (1920) Texte D : Jean-Michel Maulpoix (né en 1952), L’instinct de ciel, section III, extrait (2000) 15FRLIMLR1 Page 2 sur 7 Texte A : Jean-Pierre Claris de Florian, « Le Voyage », Fables, IV, 21 (1792) Le Voyage PARTIR avant le jour, à tâtons, sans voir goutte1, Sans songer seulement à demander sa route, Aller de chute en chute, et, se traînant ainsi, Faire un tiers du chemin jusqu'à près de midi ; 5 Voir sur sa tête alors s'amasser les nuages, Dans un sable mouvant précipiter ses pas, Courir, en essuyant orages sur orages, Vers un but incertain où l'on n'arrive pas ; Détrempé2 vers le soir, chercher une retraite3, 10 Arriver haletant, se coucher, s'endormir : On appelle cela naître, vivre et mourir. La volonté de Dieu soit faite ! 1 Sans voir goutte : sans y voir quoi que ce soit. 2 Détrempé : trempé de la tête aux pieds. 3 Retraite : lieu où l’on se retire, refuge. 15FRLIMLR1 Page 3 sur 7 TEXTE B : Alphonse de Lamartine, « Les Voiles », poème publié en 1873 dans Œuvre posthume LES VOILES Quand j'étais jeune et fier et que j'ouvrais mes ailes, Les ailes de mon âme à tous les vents des mers, Les voiles emportaient ma pensée avec elles, Et mes rêves flottaient sur tous les flots amers. 5 Je voyais dans ce vague où l'horizon se noie Surgir tout verdoyants de pampre1 et de jasmin Des continents de vie et des îles de joie Où la gloire et l'amour m'appelaient de la main. J'enviais chaque nef 2 qui blanchissait l'écume, 10 Heureuse d'aspirer au rivage inconnu, Et maintenant, assis au bord du cap qui fume, J'ai traversé ces flots et j'en suis revenu. Et j'aime encor ces mers autrefois tant aimées, Non plus comme le champ de mes rêves chéris, 15 Mais comme un champ de mort où mes ailes semées De moi-même partout me montrent les débris. Cet écueil me brisa, ce bord surgit funeste, Ma