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Objet d'étude : La question de l'Homme dans les genres de l'argumentation, du XVIème siècle à nos jours. Le sujet comprend : Texte A : Étienne de LA BOÉTIE, Discours de la servitude volontaire, 1574 Texte B : Jean RACINE, Britannicus, IV, 4, vers 1428 à 1454, 1669 Texte C
Objet d'étude : La question de l'Homme dans les genres de l'argumentation, du XVIème siècle à nos jours. Le sujet comprend : Texte A : Étienne de LA BOÉTIE, Discours de la servitude volontaire, 1574 Texte B : Jean RACINE, Britannicus, IV, 4, vers 1428 à 1454, 1669 Texte C : Denis DIDEROT, Encyclopédie, extrait de l’article « Autorité politique », 1751 Texte D : Victor HUGO, Les Châtiments, « Le Parti du crime » (section 6), 1853 15FRGEPO1 Baccalauréat général – Série L – Session 2015 2/7 Epreuve anticipée de français Texte A : Étienne DE LA BOÉTIE, Discours de la servitude volontaire, rédigé en 1549, publié en 1574 Pauvres et misérables peuples insensés, nations opiniâtres1 en votre mal et aveugles en votre bien, vous vous laissez emporter devant vous le plus beau et le plus clair de votre revenu, piller vos champs, voler vos maisons et les dépouiller des meubles anciens et paternels ! Vous vivez de sorte que vous ne vous pouvez vanter 5 que rien soit à vous ; et semblerait que meshui ce vous serait grand heur2 de tenir à ferme vos biens, vos familles et vos vies ; et tout ce dégât, ce malheur, cette ruine, vous vient, non pas des ennemis, mais certes oui bien de l’ennemi, et de celui que vous faites si grand qu’il est, pour lequel vous allez si courageusement à la guerre, pour la grandeur duquel vous ne refusez point de présenter à la mort vos personnes. 10 Celui qui vous maîtrise tant n’a que deux yeux, n’a que deux mains, n’a qu’un corps, et n’a autre chose que ce qu’a le moindre homme du grand et infini nombre de nos villes, sinon que l’avantage que vous lui faites pour vous détruire. D’où a-t-il pris tant d’yeux, dont il vous épie, si vous ne les lui baillez3 ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne les prend de vous ? Les pieds dont il foule vos cités, d’où 15 les a-t-il, s’ils ne sont des vôtres ? Comment a-t-il aucun pouvoir sur vous, que par vous ? Comment vous oserait-il courir sus4, s’il n’avait intelligence avec vous ? Que vous pourrait-il faire, si vous n’étiez receleurs5 du larron6 qui vous pille, complices du meurtrier qui vous tue et traîtres à vous-mêmes ? Vous semez vos fruits, afin qu’il en fasse le dégât ; vous meublez et