Aperçu du sujet
Objet d’étude : Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours. Le sujet comprend : Texte A : Victor HUGO, Les Misérables (1862). Texte B : Jules VALLÈS, L’Enfant (1878). Texte C : Delphine de VIGAN, No et moi (2007). Texte D : Maylis de KERANGAL, Corniche Kennedy
Objet d’étude : Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours. Le sujet comprend : Texte A : Victor HUGO, Les Misérables (1862). Texte B : Jules VALLÈS, L’Enfant (1878). Texte C : Delphine de VIGAN, No et moi (2007). Texte D : Maylis de KERANGAL, Corniche Kennedy (2008). 18FRLIPO3 Baccalauréat général – Série L – Session 2018 2/7 Épreuve anticipée de français Texte A : Victor HUGO, Les Misérables, Deuxième partie (Cosette), Livre III « Accomplissement de la promesse faite à la morte », Chapitre 5 - "La petite toute seule", 1862 Placée chez les Thénardier, Cosette est devenue leur servante. En mourant, sa mère Fantine demande à Jean Valjean, un ancien forçat devenu notable, d'aller chercher l'enfant. Ce soir-là, Cosette a été envoyée en pleine nuit puiser de l'eau. Les forêts sont des apocalypses ; et le battement d’ailes d’une petite âme fait un bruit d’agonie sous leur voûte monstrueuse. Sans se rendre compte de ce qu’elle éprouvait, Cosette se sentait saisir par cette énormité noire de la nature. Ce n’était plus seulement de la terreur qui la 5 gagnait, c’était quelque chose de plus terrible même que la terreur. Elle frissonnait. Les expressions manquent pour dire ce qu’avait d’étrange ce frisson qui la glaçait jusqu’au fond du cœur. Son œil était devenu farouche. Elle croyait sentir qu’elle ne pourrait peut-être pas s’empêcher de revenir là à la même heure le lendemain. Alors, par une sorte d’instinct, pour sortir de cet état singulier qu’elle ne 10 comprenait pas, mais qui l’effrayait, elle se mit à compter à haute voix un, deux, trois, quatre, jusqu’à dix, et, quand elle eut fini, elle recommença. Cela lui rendit la perception vraie des choses qui l’entouraient. Elle sentit le froid à ses mains, qu’elle avait mouillées en puisant de l’eau. Elle se leva. La peur lui était revenue, une peur naturelle et insurmontable. Elle n’eut plus qu’une pensée, s’enfuir ; s’enfuir à toutes 15 jambes, à travers bois, à travers champs, jusqu’aux maisons, jusqu’aux fenêtres, jusqu’aux chandelles allumées. Son regard tomba sur le seau qui était devant elle. Tel était l’effroi que lui inspirait la Thénardier qu’elle n’osa pas s’enfuir sans le seau d’eau. Elle saisit l’anse à deux mains. Elle eut de la peine à soulever le seau. Elle fit ainsi une douzaine de pas, mais le seau était plein, il était lourd, elle fut 20 forcée de le