Aperçu du sujet
Objet d’étude : Ecriture poétique et quête de sens du Moyen Age à nos jours. Le sujet comprend : Texte A : Jean de La Fontaine, « La forêt et le bûcheron », Fables, Livre XII, fable XVI, 1694 Texte B : François-René de Chateaubriand, « La Forêt », Tableaux
Objet d’étude : Ecriture poétique et quête de sens du Moyen Age à nos jours. Le sujet comprend : Texte A : Jean de La Fontaine, « La forêt et le bûcheron », Fables, Livre XII, fable XVI, 1694 Texte B : François-René de Chateaubriand, « La Forêt », Tableaux de la nature, 1789 Texte C : José-Maria de Heredia, « Le Dieu hêtre ». Les Trophées, « Rome et les barbares », 1893 Texte D : Supervielle, « Feuille à feuille », II, 1939-1945, 1946 19FRLIAN1 Page 2/7 Texte A : Jean de La Fontaine, « La forêt et le bûcheron », Fables, Livre XII, fable XVI, 1694 LA FORET ET LE BUCHERON Un Bûcheron venait de rompre ou d'égarer Le bois dont il avait emmanché sa cognée1. Cette perte ne put sitôt se réparer Que la Forêt n'en fût quelque temps épargnée. 5 L'Homme enfin la prie humblement De lui laisser tout doucement Emporter une unique branche, Afin de faire un autre manche : Il irait employer ailleurs son gagne-pain ; 10 Il laisserait debout maint chêne et maint sapin Dont chacun respectait la vieillesse et les charmes. L'innocente Forêt lui fournit d'autres armes. Elle en eut du regret. Il emmanche son fer. Le misérable ne s'en sert 15 Qu'à dépouiller sa bienfaitrice De ses principaux ornements. Elle gémit à tous moments : Son propre don fait son supplice. Voilà le train du Monde et de ses sectateurs2 : 20 On s'y sert du bienfait contre les bienfaiteurs. Je suis las d'en parler ; mais que de doux ombrages Soient exposés à ces outrages, Qui ne se plaindrait là-dessus ? Hélas ! j'ai beau crier et me rendre incommode3 : 25 L'ingratitude et les abus N'en seront pas moins à la mode. . 1 Le bûcheron vient de rompre ou d’égarer le manche en bois de sa hache. 2 Sectateur : personne qui suit aveuglément les opinions d’une autre. 3 Désagréable. 19FRLIAN1 Page 3/7 Texte B : François-René de Chateaubriand, « La Forêt », Tableaux de la nature, 1789 Forêt silencieuse, aimable solitude, Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré ! Dans vos sombres détours, en rêvant égaré, J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude ! 5 Prestiges de mon cœur ! je crois voir s’exhaler4 Des arbres, des gazons, une douce tristesse : Cette onde que j’entends murmure avec mollesse, Et dans le fond des bois semble encor m’appeler.