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OBJET d’ÉTUDE : Le personnage de roman, du XVIIe siècle à nos jours CORPUS : Texte A : Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes, 1913. Texte B : G. Limbour, Les Vanillers, 1938. Texte C : J.M.G. Le Clézio, Le Chercheur d’or, 1985. Texte D : P. Modiano, L’Horizon, 2010. 19FRLIG11 page
OBJET d’ÉTUDE : Le personnage de roman, du XVIIe siècle à nos jours CORPUS : Texte A : Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes, 1913. Texte B : G. Limbour, Les Vanillers, 1938. Texte C : J.M.G. Le Clézio, Le Chercheur d’or, 1985. Texte D : P. Modiano, L’Horizon, 2010. 19FRLIG11 page 2/7 Texte A : Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes, 1913. Le roman commence par l’arrivée de la famille du personnage-narrateur à Sainte-Agathe, où le père, instituteur, vient d’être affecté. Le hasard des « changements », une décision d’inspecteur ou de préfet nous avaient conduits là. Vers la fin des vacances, il y a bien longtemps, une voiture de paysan, qui précédait notre ménage, nous avait déposés, ma mère et moi, devant la petite grille rouillée. Des gamins qui volaient des pêches dans le jardin s’étaient enfuis 5 silencieusement par les trous de la haie… Ma mère, que nous appelions Millie, et qui était bien la ménagère la plus méthodique que j’aie jamais connue, était entrée aussitôt dans les pièces remplies de paille poussiéreuse, et tout de suite elle avait constaté avec désespoir, comme à chaque « déplacement », que nos meubles ne tiendraient jamais dans une maison si mal construite… Elle était sortie pour me confier sa détresse. Tout 10 en me parlant, elle avait essuyé doucement avec son mouchoir ma figure d’enfant noircie par le voyage. Puis elle était rentrée faire le compte de toutes les ouvertures qu’il allait falloir condamner pour rendre le logement habitable… Quant à moi, coiffé d’un grand chapeau de paille à rubans, j’étais resté là, sur le gravier de cette cour étrangère, à attendre, à fureter petitement autour du puits et sous le hangar. 15 C’est ainsi, du moins, que j’imagine aujourd’hui notre arrivée. Car aussitôt que je veux retrouver le lointain souvenir de cette première soirée d’attente dans notre cour de Sainte-Agathe, déjà ce sont d’autres attentes que je me rappelle ; déjà, les deux mains appuyées aux barreaux du portail, je me vois épiant avec anxiété quelqu’un qui va descendre la grand’rue. Et si j’essaie d’imaginer la première nuit que je dus passer 20 dans ma mansarde, au milieu des greniers du premier étage, déjà ce sont d’autres nuits que je me rappelle ; je ne suis plus seul dans cette chambre ; une grande ombre inquiète et amie passe le long des murs et se promène. Tout ce paysage paisible — l’école,