Aperçu du sujet
Objet d’étude : Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours Le sujet comprend : Texte A : Victor HUGO, Quatrevingt-treize, troisième partie, IV, " Le Verbe et le rugissement", 1874 Texte B : Emile ZOLA, Germinal, quatrième partie, chapitre 7, 1885 Texte C : Emmanuel DONGALA, Photo
Objet d’étude : Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours Le sujet comprend : Texte A : Victor HUGO, Quatrevingt-treize, troisième partie, IV, " Le Verbe et le rugissement", 1874 Texte B : Emile ZOLA, Germinal, quatrième partie, chapitre 7, 1885 Texte C : Emmanuel DONGALA, Photo de groupe au bord du fleuve, 2010 2/8 13FRTEPO1 Texte A : Victor HUGO, Quatrevingt-treize, troisième partie, IV, " Le Verbe et le rugissement", 1874 L’action se passe en 1798, en pleine guerre de Vendée, qui oppose les révolutionnaires et les royalistes. Cimourdain, ancien prêtre converti aux idéaux de la Révolution, commande la troupe qui assiège la forteresse de La Tourgue où s’est réfugié le marquis de Lantenac, chef des Vendéens qui retiennent en otage trois enfants innocents. Cimourdain tente de négocier pour empêcher l’assaut imminent. Il s’adresse à l’Imânus, lieutenant du marquis de Lantenac. Cimourdain repartit avec une inflexion singulière, qui était à la fois haute et douce : — Insultez, mais écoutez. Je viens ici en parlementaire1. Oui, vous êtes mes frères. Vous êtes de pauvres hommes égarés. Je suis votre ami. Je suis la lumière et je parle à l'ignorance. La lumière contient toujours de la fraternité. D'ailleurs, est-ce 5 que nous n'avons pas tous la même mère, la patrie ? Eh bien, écoutez-moi. Vous saurez plus tard, ou vos enfants sauront, ou les enfants de vos enfants sauront que tout ce qui se fait en ce moment se fait par l'accomplissement des lois d'en haut, et que ce qu'il y a dans la Révolution, c'est Dieu. En attendant le moment où toutes les consciences, même les vôtres, comprendront, et où tous les fanatismes, même les 10 nôtres, s'évanouiront, en attendant que cette grande clarté soit faite, personne n'aura-t-il pitié de vos ténèbres ? Je viens à vous, je vous offre ma tête ; je fais plus, je vous tends la main. Je vous demande la grâce de me perdre pour vous sauver. J'ai pleins pouvoirs, et ce que je dis, je le puis. C'est un instant suprême ; je fais un dernier effort. Oui, celui qui vous parle est un citoyen, et dans ce citoyen, oui, il y a 15 un prêtre. Le citoyen vous combat, mais le prêtre vous supplie. Ecoutez-moi. Beaucoup d’entre vous ont des femmes et des enfants. Je prends la défense de vos enfants et de vos femmes. Je prends leur défense