Aperçu du sujet
SUJET 1 Le sujet du rêve ou la première personne onirique, c’est le rêve lui-même, c’est le rêve tout entier. Dans le rêve tout dit « je », même les objets et les bêtes, même l’espace vide, même les choses lointaines et étranges, qui en peuplent la fantasmagorie. Le rêve,
SUJET 1 Le sujet du rêve ou la première personne onirique, c’est le rêve lui-même, c’est le rêve tout entier. Dans le rêve tout dit « je », même les objets et les bêtes, même l’espace vide, même les choses lointaines et étranges, qui en peuplent la fantasmagorie. Le rêve, c’est l’existence se creusant en espace désert, se brisant en chaos, éclatant en vacarme, se prenant, bête ne respirant plus qu’à peine, dans les filets de la mort. Le rêve, c’est le monde à l’aube de son premier éclatement quand il est encore l’existence elle-même et qu’il n’est pas déjà l’univers de l’objectivité. Rêver n’est pas une autre façon de faire l’expérience d’un autre monde, c’est pour le sujet qui rêve la manière radicale de faire l’expérience de son monde, et si cette manière est à ce point radicale, c’est que l’existence ne s’y annonce pas comme étant le monde. Le rêve se situe à ce moment ultime où l’existence est encore son monde, aussitôt au-delà, dès l’aurore de l’éveil, déjà elle ne l’est plus. C’est pourquoi l’analyse du rêve est décisive pour mettre au jour les significations fondamentales de l’existence. Michel Foucault, Introduction, in Binswanger (L.), Le Rêve et l’Existence (1954). Première partie : interprétation philosophique En quoi l’expérience du rêve est-elle une expérience de soi ? Deuxième partie : essai littéraire Qu’est-ce que la littérature partage avec le chaos des rêves ? 21-HLPJ1ME2 Page : 2/4 SUJET 2 Publiée en 1947, L’Espèce humaine est un récit de l’expérience des camps de concentration et d’extermination pendant la Deuxième Guerre mondiale. Résistant, Robert Antelme a été arrêté et déporté d’abord à Buchenwald puis dans un camp de travail à Gandersheim. L’extrait proposé se situe au moment où prisonniers et officiers SS fuient sur les routes d’Allemagne l’avancée des armées alliées. Après une longue journée de marche, les prisonniers se retrouvent dans « une grande maison isolée » pour passer la nuit, tous entassés sur le plancher. Dehors, la vallée est noire. Aucun bruit n'en arrive. Les chiens dorment d'un sommeil sain et repu. Les arbres respirent calmement. Les insectes nocturnes se nourrissent dans les prés. Les feuilles transpirent, et l'air se gorge d'eau. Les prés se couvrent de rosée et brilleront tout à l'heure au soleil. Ils sont là, tout près, on doit pouvoir les toucher, caresser cet immense pelage. Qu'est-ce qui se caresse et comment caresse-t-on ? Qu'est-ce qui