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SUJET 1 Qu'est-ce que je fais ici? J'appelle. J'appelle. J'appelle. Je ne sais pas qui j'appelle. Qui j'appelle ne sait pas. J'appelle quelqu'un de faible, quelqu'un de brisé, quelqu'un de fier que rien n'a pu briser. J'appelle. J'appelle quelqu'un de là-bas, quelqu'un au loin perdu, quelqu'un d'un autre monde. (C'était
SUJET 1 Qu'est-ce que je fais ici? J'appelle. J'appelle. J'appelle. Je ne sais pas qui j'appelle. Qui j'appelle ne sait pas. J'appelle quelqu'un de faible, quelqu'un de brisé, quelqu'un de fier que rien n'a pu briser. J'appelle. J'appelle quelqu'un de là-bas, quelqu'un au loin perdu, quelqu'un d'un autre monde. (C'était donc tout mensonge, ma solidité ?) J'appelle. Devant cet instrument si clair, ce n'est pas comme ce serait avec ma voix sourde. Devant cet instrument chantant qui ne me juge pas, qui ne m'observe pas, perdant toute honte, j'appelle, j'appelle, j'appelle du fond de la tombe de mon enfance qui boude et se contracte encore, du fond de mon désert présent, j'appelle, j'appelle. L'appel m'étonne moi-même. Quoique ce soit tard, j'appelle. Pour crever mon plafond sans doute surtout j’appelle. Henri Michaux, « Passages », L’espace du dedans, (1966). Première partie : interprétation littéraire Ce poème nous permet-il de savoir quels sont les destinataires et le sens de l’appel qui s’y trouve formulé ? Deuxième partie : essai philosophique Michaux écrit : « (C’était donc tout mensonge, ma solidité ?) » : Quelle idée se fait-on du moi lorsqu’on lui refuse toute « solidité » ? 21-HLPJ2ME3 Page : 2/3 SUJET 2 L’existence de cette agressivité que nous pouvons éprouver en nous-mêmes et supposons à bon droit chez autrui, tel est l’élément qui perturbe nos rapports avec notre prochain et contraint la civilisation à tout ce qu’elle met en œuvre. Du fait de cette hostilité primaire des êtres humains les uns envers les autres, la société civilisée est constamment menacée de se désagréger. L’intérêt de la communauté de travail ne la maintiendrait pas soudée, les passions instinctives sont plus fortes que les intérêts raisonnables. La civilisation doit tout mettre en œuvre pour dresser des barrières devant les instincts agressifs des hommes, pour en réduire les manifestations par des dispositifs psychiques qui réagissent contre. D’où le recours, donc, à des méthodes visant à inciter les êtres humains à des identifications et à des relations d’amour n’aboutissant pas, d’où la restriction imposée à la vie sexuelle et d’où, également, le commandement idéal d’aimer son prochain comme soi-même, qui se justifie en réalité par le fait que rien n’est plus contraire à la nature originelle de l’homme. Quelques peines qu’il ait coûtées, cet effort de la civilisation n’a pas, jusqu’ici, remporté grand succès. Les plus grossiers débordements de force brutale, la civilisation espère y