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SUJET 1 Le candidat traite les deux parties sur des copies séparées. Jean ECHENOZ, 14, chapitre 8, 2012. 14 évoque le destin de quelques soldats français engagés dans les combats de la Première Guerre mondiale. Le passage qui suit constitue leur baptême du feu. Puis on leur a crié d'avancer
SUJET 1 Le candidat traite les deux parties sur des copies séparées. Jean ECHENOZ, 14, chapitre 8, 2012. 14 évoque le destin de quelques soldats français engagés dans les combats de la Première Guerre mondiale. Le passage qui suit constitue leur baptême du feu. Puis on leur a crié d'avancer et, plus ou moins poussé par les autres, il1 s'est retrouvé sans trop savoir que faire au milieu d'un champ de bataille on ne peut plus réel. D'abord avec Bossis ils se sont regardés, Arcenel derrière eux rajustait une courroie et Padioleau se mouchait dans un tissu moins blanc que lui. Ensuite il a bien fallu s'élancer au pas de charge cependant que paraissait à l'arrière-plan, dans leur dos, un groupe d'une vingtaine d'hommes qui, le plus paisiblement du monde, se sont disposés en rond sans apparent souci des projectiles. C'étaient les musiciens du régiment dont le chef, sa baguette blanche dressée, a fait s'élever en l'abattant l'air de La Marseillaise, l'orchestre envisageant d'illustrer vaillamment l'assaut. Bien disposés en défense dans un bois qui les dissimulait, les ennemis ont d'abord empêché la troupe de progresser mais, l'artillerie s'y mettant par-derrière pour essayer de les affaiblir, on a entrepris d'attaquer, courant courbés, maladroitement sous le poids du matériel, chacun précédé de sa baïonnette qui trouait l'air glacé devant soi. Or on avait chargé trop tôt, commettant de plus l'erreur de se porter en masse sur la route qui traversait le théâtre du combat. Cette route, à découvert et bien repérée par l'artillerie adverse postée derrière les arbres, constituait en effet une cible parfaitement dégagée : tout de suite quelques hommes, pas loin d'Anthime, se sont mis à tomber, il a cru voir jaillir deux ou trois gerbes de sang mais les a rejetées avec vigueur de son esprit – n'étant pas même certain, n'ayant pas le temps d'être certain que ce fût du sang sous pression, ni d'ailleurs d'en avoir jamais vu à ce jour, du moins pas de cette façon ni sous cette forme. Il n'avait d'ailleurs pas la tête à penser, juste à tenter de tirer sur ce qui semblait hostile et, surtout, chercher un couvert possible où qu'il fût. Par chance, quoique aussitôt battue en règle par le feu ennemi, la route présentait çà et là des tronçons encaissés où l'on a d'abord pu s'abriter un peu. Mais trop peu : sous les ordres aboyés, les premiers rangs