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SUJET 1 Le candidat traite les 2 parties sur des copies séparées. Après avoir visité une exposition organisée par l’Académie royale de peinture et de sculpture, Denis Diderot en rend compte dans le journal Correspondance littéraire. Il s’attarde en particulier sur un tableau de Jean Baptiste Greuze intitulé La Piété
SUJET 1 Le candidat traite les 2 parties sur des copies séparées. Après avoir visité une exposition organisée par l’Académie royale de peinture et de sculpture, Denis Diderot en rend compte dans le journal Correspondance littéraire. Il s’attarde en particulier sur un tableau de Jean Baptiste Greuze intitulé La Piété filiale (ou Le Paralytique). Le genre me plaît. C’est la peinture morale. Quoi donc, le pinceau n’a-t-il pas été assez et trop longtemps consacré à la débauche et au vice ? ne devons-nous pas être satisfaits de le voir concourir enfin avec la poésie dramatique à nous toucher, à nous instruire, à nous corriger et à nous inviter à la vertu ? Courage, mon ami Greuze ! Fais 5 de la morale en peinture, et fais-en toujours comme cela. Lorsque tu seras au moment de quitter la vie, il n’y aura aucune de tes compositions que tu ne puisses te rappeler avec plaisir. Que n’étais-tu à côté de cette jeune fille1 qui, regardant la tête de ton Paralytique, s’écria avec une vivacité charmante : « Ah, mon Dieu, comme il me touche ; mais si je le regarde encore, je crois que je vais pleurer ». Et que cette jeune 10 fille n’était-elle la mienne ! Je l’aurais reconnue à ce mouvement. Lorsque je vis ce vieillard éloquent et pathétique, je sentis, comme elle, mon âme s’attendrir et des pleurs prêts à tomber de mes yeux. Le tableau de la Piété filiale2 a quatre pieds six pouces de large, sur trois pieds3 de haut. 15 Le principal personnage, celui qui occupe le milieu de la scène, et qui fixe l’attention, est un vieillard paralytique, étendu dans son fauteuil, la tête appuyée sur un traversin, et les pieds sur un tabouret. Il est habillé. Ses jambes malades sont enveloppées d’une couverture. Il est entouré de ses enfants et de ses petits-enfants, la plupart empressés à le servir. Sa belle tête est d’un caractère si touchant ; il paraît 20 si sensible aux services qu’on lui rend ; il a tant de peine à parler, sa voix est si faible, ses regards si tendres, son teint si pâle, qu’il faut être sans entrailles pour ne pas les sentir remuer. Diderot, Salon de 1763, « Greuze ». 1. Il s’agit d’une jeune fille, inconnue de Diderot, venue admirer le tableau de Greuze. 2. La Piété filiale et Le Paralytique désignent une seule et