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SUJET 1 Le candidat traite les 2 parties sur des copies séparées. COLLOQUE SENTIMENTAL Dans le vieux parc solitaire et glacé Deux formes ont tout à l’heure passé. Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles, Et l’on entend à peine leurs paroles. 5 Dans le vieux parc solitaire
SUJET 1 Le candidat traite les 2 parties sur des copies séparées. COLLOQUE SENTIMENTAL Dans le vieux parc solitaire et glacé Deux formes ont tout à l’heure passé. Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles, Et l’on entend à peine leurs paroles. 5 Dans le vieux parc solitaire et glacé Deux spectres ont évoqué le passé. – Te souvient-il de notre extase ancienne ? – Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne ? – Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom ? 10 Toujours vois-tu mon âme en rêve ? – Non. – Ah ! les beaux jours de bonheur indicible Où nous joignions nos bouches ! – C’est possible. – Qu’il était bleu, le ciel, et grand, l’espoir ! – L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir. 15 Tels ils marchaient dans les avoines folles, Et la nuit seule entendit leurs paroles. Paul VERLAINE, Fêtes galantes (1869) Première partie : interprétation littéraire Quelle image ce poème donne-t-il de la relation amoureuse ? Deuxième partie : essai philosophique Nos sentiments résistent-ils au temps ? 22-HLPJ1LR1 Page : 2/3 SUJET 2 Le candidat traite les 2 parties sur des copies séparées. Ce que d’abord vous nous montrez, voyages, c’est notre ordure lancée au visage de l’humanité. Je comprends alors la passion, la folie, la duperie des récits de voyage. Ils apportent l’illusion de ce qui n’existe plus et qui devrait être encore, pour que nous 5 échappions à l’accablante évidence que vingt mille ans d’histoire sont joués. Il n’y a plus rien à faire : la civilisation n’est plus cette fleur fragile qu’on préservait, qu’on développait, à grand peine, dans quelques coins abrités, un terroir riche en espèces rustiques, menaçantes sans doute par leur vivacité, mais qui permettaient aussi de varier et de revigorer les semis. L’humanité s’installe dans la monoculture ; elle 10 s’apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. On risquait jadis sa vie dans les Indes ou les Amériques pour rapporter des biens qui nous paraissent aujourd’hui dérisoires : bois de braise (d’où Brésil) : teinture rouge, ou poivre dont, au temps d’Henri IV, on avait à ce point la folie que la Cour en mettait dans des bonbonnières des grains à croquer. Ces secousses visuelles ou olfactives, 15 cette joyeuse chaleur pour les yeux, cette brûlure exquise pour la langue ajoutaient un nouveau registre au clavier sensoriel d’une civilisation qui ne