Aperçu du sujet
SUJET 1 Le candidat traite les 2 parties sur des copies séparées. L’épreuve suprême de la liberté – n’est pas la mort mais la souffrance. La haine le sait fort bien qui cherche à saisir l’insaisissable, à humilier, de très haut, à travers la souffrance où autrui existe comme pure
SUJET 1 Le candidat traite les 2 parties sur des copies séparées. L’épreuve suprême de la liberté – n’est pas la mort mais la souffrance. La haine le sait fort bien qui cherche à saisir l’insaisissable, à humilier, de très haut, à travers la souffrance où autrui existe comme pure passivité ; mais la haine veut cette passivité dans l’être éminemment actif qui doit en témoigner. La haine ne désire pas toujours la mort d’autrui ou, 5 du moins, elle ne désire la mort d’autrui qu’en infligeant cette mort comme une suprême souffrance. Le haineux cherche à être cause d’une souffrance dont l’être haï doit être témoin. Faire souffrir, ce n’est pas réduire autrui au rang d’objet, mais au contraire le maintenir superbement dans sa subjectivité. Il faut que dans la souffrance le sujet sache sa réification1, mais pour cela il faut précisément que le sujet demeure sujet. Le haineux veut 10 les deux. D’où le caractère insatiable de la haine ; elle est satisfaite précisément lorsqu’elle ne l’est pas, puisqu’autrui ne la satisfait qu’en devenant objet, mais il ne saurait devenir jamais assez objet puisqu’on exige, en même temps que sa déchéance, sa lucidité et son témoignage. Là réside l’absurdité logique de la haine. Emmanuel Levinas, Totalité et infini (1974) 1 « réification » : le fait de traiter quelqu’un comme une chose. Première partie : interprétation philosophique D’après Levinas, en quoi la haine est-elle insatiable ? Deuxième partie : essai littéraire Pourquoi les sentiments inhumains occupent-ils tant de place dans la littérature et les arts ? 22-HLPJ2ME3 Page 2/3 SUJET 2 Le candidat traite les 2 parties sur des copies séparées. Rainer Maria Rilke s’adresse au « jeune poète » Franz Kappus. Vous avez eu maintes grandes tristesses, qui ont passé. Et vous dites que c’est aussi ce caractère passager qui vous a été pénible et contrariant. Mais réfléchissez, je vous prie : ces grandes tristesses ne vous ont-elles pas plutôt centralement traversé ? Maintes choses en vous ne se sont-elles pas transformées, n’avez-vous pas changé en tel point, tel endroit de 5 votre être, tandis que vous étiez triste ? Seules sont dangereuses et mauvaises les tristesses qu’on emporte au milieu des gens pour en couvrir la voix ; comme des maladies superficiellement et sottement traitées, elles ne font que reculer, et leur éruption, après une petite pause, est d’autant plus effroyable ; elles s’accumulent au-dedans, elles