Aperçu du sujet
Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain, Étendre ses désirs comme un profond feuillage, Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage, La sève universelle affluer dans ses mains. 5 Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face, Boire le sel ardent des embruns et des pleurs
Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain, Étendre ses désirs comme un profond feuillage, Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage, La sève universelle affluer dans ses mains. 5 Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face, Boire le sel ardent des embruns et des pleurs Et goûter chaudement la joie et la douleur Qui font une buée humaine dans l'espace. Sentir dans son cœur vif l’air, le feu et le sang 10 Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre : — S’élever au réel et pencher au mystère, Être le jour qui monte et l’ombre qui descend. Comme du pourpre (1) soir aux couleurs de cerise Laisser du cœur vermeil (2) couler la flamme et l’eau, 15 Et comme l’aube claire appuyée au coteau Avoir l’âme qui rêve, au bord du monde assise... Anna DE NOAILLES, Le cœur innombrable, « La vie profonde » (1901) (1) pourpre et (2) vermeil : adjectifs de couleur à connotation méliorative désignant deux nuances de rouge. Première partie : interprétation littéraire En quoi ce poème exprime-t-il une présence sensible au monde ? Deuxième partie : essai philosophique Selon vous, la nature est-elle le seul moyen d’éveiller notre sensibilité ? 24-HLPJ1AN1 Page : 2/2